00.10.e - La morale sexuelle des trois religions du Livre - le sexe est un organe tabou à dissimuler

 La morale sexuelle stricte des trois religions de la Bible ou du Livre, la juive, la chrétienne et l’islamique, elle est basée sur le récit de la Genèse qui fit du sexe, un organe tabou qu’il fallait dissimuler … Adam et Ève vivait nu au paradis terrestre, sans se faire « mutuellement honte » … Quand ils eurent croqué le fruit défendu, en devenant mortels ils constatèrent qu’ils étaient nus et se cachèrent

Je vais m’autoriser à développer particulièrement ce passage de la Bible, en décrivant bien les circonstances qui ont amené les adeptes du « Livre » et les civilisations qui les sous-tendent, à accorder au sexe une importance démesurée en créant le sentiment propre et exacerbé de la pudeur.

Je citerai, pour ce faire, les passages de la TOB (traduction oecuménique de la Bible) ouvrage reconnu par les Chrétiens et les Juifs pour l'ancien testament ...

Si on se penche sur la place du couple dans les religions du Livre, fondement de la morale occidentale et méditerranéenne, il convient de relever le passage suivant de la Bible, qui relate la création de l’homme et de la femme, le sixième jour : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu, il le créa ; mâle et femelle il les créa … (TOB – Genèse 1. 27) » … La Bible dit que Dieu créa l’homme à son image en soulignant bien qu’il le créa à son image, celle de Dieu … D’autre part, en précisant « mâle et femelle, il les créa » la Bible se met en contradiction avec le chapitre suivant sur le paradis terrestre où Dieu voulut rompre la solitude de l’homme en « fabricant » la femme à partir d’une de ses côtes, qu’il lui tira de ses entrailles … Les deux chapitres ont dû être écrits par des auteurs différents à des époques différentes …

Quant au « croissez et multipliez-vous » des « Histoires Saintes » de notre jeunesse, il vient du même passage de la Bible : " Dieu les bénit et leur dit : Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-là " (TOB – Genèse 1.28) » …

En ce qui concerne la création de la femme, en contradiction avec le premier chapitre, le deuxième précisera que l’homme ne se suffisant pas des animaux que Dieu lui créait comme compagnons ou comme aides, l’endormit, lui prit une de ses côtes et après avoir remis les chairs à leur place (sic), il en fit une femme … et l’homme s’écria : « Voici cette fois l’os de mes os et la chair de ma chair … (TOB –Genèse 2.23) » …

Dans le paradis terrestre, la pudeur n’existait pas : « Tout deux étaient nus, l’homme et sa femme, sans se faire mutuellement honte … (TOB – Genèse 2.25)

On connait la suite …Dieu voulait leur bonheur au paradis terrestre, tout en leur donnant la liberté d’enfreindre sa loi de ne pas goûter au fruit défendu situé au centre du paradis … Le serpent, personnifiant le mal, parvint à convaincre Ève, la femme, d’en manger pour qu’elle soit comme les dieux « possédant la connaissance du bonheur et du malheur » … Ève se laissa tenter et mangea le fruit … ensuite, elle en donna à son mari, Adam, qui en mangea lui aussi … et alors : « Leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils surent qu’ils étaient nus, ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des pagnes » (TOB – Genèse 3.7) Naïvement, la Bible raconte que, très paternel, Dieu se chargea lui-même « … de confectionner des tuniques de peau dont il les revêtit » (TOB – Genèse 3.21)

Il faut s’arrêter particulièrement à ce passage des religions du Livre, car il est essentiel « Adam et Ève surent qu’ils étaient nus » … c’est l’origine du sentiment de pudeur , propre surtout aux mœurs occidentales et méditerranéennes …

Définition du Grand Robert de la Pudeur : Sentiment de honte, de gêne qu’une personne éprouve à faire, à envisager ou être témoin des choses de nature sexuelle ; disposition permanente à éprouver un tel sentiment.

Si je vais me permettre, ci-après, de développer dans les détails le processus qui a amené les êtres vivants aux mammifères, sommet de leur évolution, c’est que je tiens à mieux en analyser le mécanisme afin de le ramener à ses justes proportions de valeurs morales.

Par simplification, l’évolution a privilégié, chez les êtres vivants supérieurs, une organisation interne à sens unique avec, par l’entrée buccale, l’ingestion de matières solides et liquides et, par l’entrée nasale, l’absorption de matières gazeuses contenues dans l’air … Ces deux fonctions alimentent un système respiratoire et digestif dont le contenu se transforme par la voie intestinale en flux sanguin alimentaire destiné à entretenir les cellules, les développer si nécessaire et les maintenir en vie …

Dans un premier stade, surtout aquatique, la nature a progressivement sélectionné ce système à sens unique de fonctions d’absorption, de transformation des matières et d’élimination des déchets en utilisant la voie terminale anale, non seulement pour l’élimination des déchets, mais aussi pour la reproduction … Les femelles des poissons, de certains batraciens et animaux aquatiques utilisent cette voie anale pour pondre leurs œufs non fécondés dans l’élément liquide de leur habitat, le mâle se chargeant ensuite de la fécondation en projetant sa semence sur ceux-ci … Quant aux insectes et oiseaux, ce sont eux qui les premiers, dans une union intime, ont utilisé la voie anale ... une partie intérieure du cloaque du mâle qui transmet la semence, se prolongeant légèrement dans celui de la femelle …

Tandis que les mammifères ( les porteurs de mamelles), classe à laquelle nous appartenons, ils mettent au monde des petits immatures qu’ils nourrissent à la mamelle jusqu’au stade de leur autonomie … Leurs organes excréteurs sont séparés, l’un servant à l’élimination des déchets solides par l’anus … l’autre qui rejette les déchets liquides, étant associé, dans les deux sexes, à celui qui est conçu pour assurer les fonctions reproductrices … les deux organes étant formés de manière à ce que l'un pénètre dans l'autre pour accomplir son rôle fécondateur ...

Si je me suis permis de développer, dans les détails , ces processus que l’évolution a mis lentement au point, c’est que je tenais à insister sur la réelle valeur de fonction organique dont les morales judéo-chrétiennes et islamiques ont faussé les manifestations en leur accordant une importance religieuse et morale exacerbée …

Comme je viens de le démontrer ce sont les religions du Livre qui ont inventé le sentiment de pudeur, consistant à ignorer le sexe et les seins féminins ainsi que toutes les manifestations qui se rapportent à ces organes, en dehors de la procréation… La morale des autres entités du monde qu’elle soit religieuse ou traditionnelle, ne s’est pas embarrassée de telles contraintes … le sexe n’étant couvert et dissimulé chez les plus évolués que par commodité et protection … Il suffit de se référer à leur littérature, leur sculpture, leurs arts graphiques et traditions pour se convaincre de leur grande liberté dans le domaine qui peut aller jusqu’aux extrêmes que peut se permet l'imagination, sans les classer dans la catégorie des vices, dépravations ou interdits moraux ...

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