29.10i - Le thé


Nous nous sommes interrogés sur le phénomène de l’existence qui fait que nous «sommes là » … conscient d’être une entité capable de réaliser notre individualité … parce que l’évolution nous a conduit depuis les premiers unicellulaires à développer des moyens qui, par paliers successifs, ont abouti à un mammifères primates conscient de sa propre personnalité … et, pour certains évolués de nos civilisations, d’atteindre le summum de la connaissance de son « milieu », tant planétaire qu’extra-planétaire …

Cette démarche a conduit un modeste « curieux » à utiliser les moyens de diffusion et d’accès rapide à la portée de tous par internet, pour « débroussailler » cette écheveau emmêlé, afin de procéder à un inventaire le plus sérieux possible de ces différents « milieux dans lesquels nous évoluons» que les universités et les scientifiques les plus pointus ne cessent d’investiguer …

Notre entité physique, comme celle de tous les êtres vivants, fonctionne par prélèvement de matières récoltées dans son environnement pour alimenter son organisme et assurer des fonctions qui lui sont propres et qui lui ont été imposées par une sélection impitoyable, privilégiant les plus forts au détriment des plus faibles.

L’eau est le composant essentiel de tout être vivant, et son lieu d’origine … le soleil et la photosynthèse ont pris le relai pour créer les végétaux, avec la complicité de l’ozone que l’évolution marine dissocia pour créer le filtre favorisant la transformation de la lumière en énergie chez les plantes, constituant le départ de la chaîne alimentaire qui permet aux êtres vivants d’exister, de se multiplier et de progresser …

Ce fut un long combat de la vie jusqu’aux mammifères terrestres et, en bout de parcours, jusqu’à un primate minable qui ne subsista que par un concours incroyable de « chances », le poussant à développer sa seule « arme » de défense : l’intelligence … Les plus évolués de ces primates se sont groupés en civilisations et ont développé la pensée et la connaissance … jusqu’à s’en prendre à leur propre environnement dont ils menacent l’existence même …

L’inventaire des moyens dont nous disposons et qui sont indispensables au maintien de notre vie et au développement de notre entité physique nous a entraînés à analyser les liquides que l’homme évolué, dans sa démarche de «transformateur d’éléments », s’est ingénié à trouver dans son environnement par nécessité et pour son plaisir …

Notre ancêtre arboricole a vraisemblablement découvert très rapidement, dans son milieu forestier, les gâteaux de miel des abeilles, qui devinrent rapidement un complément substantiel et agréable à son alimentation … Par la suite, quand il évolua vers l’homo sapiens et devint capable de produire sa nourriture, il constata que le miel qu’il avait mis dans son eau de boisson, pour la rendre moins saumâtre, s’alcoolisait après quelques temps et le mettait dans un état de bien-être agréable …. C’est ainsi qu’il découvrit les vertus euphorisantes des boissons alcoolisées et s’ingénia à en créer de nouvelles, depuis la bière jusqu’aux vins les plus fins …

Cependant, dans leur quête permanente du « bonheur-bien-être », nos ancêtres, souvent incommodés par les boissons fermentées de l’époque, plus grossières et moins digestes qu’elles ne le sont actuellement, en recherchèrent d’autres qui leur épargneraient la « gueule de bois », tout en leur apportant une énergie nouvelle et la détente, en les soulageant de l’état de fatigue … C’est ainsi qu’ils ont découvert le thé, le café et certaines boissons agrémentant leur existence, grâce à leur valeur gustative, énergisante et stimulante …

La tradition rapporte qu’un des trois augustes de la mythologie chinoise, Shennong ou Shen Nong, serait né avec une tête de bovidé … (2800 avt J-C )… Patron des agriculteurs, il serait l’inventeur de nombreux outils des champs et de cinq aliments de base, et aurait aussi découvert le thé et ses vertus médicinales, une feuille étant tombée par hasard dans l’eau chaude de sa boisson …

Une légende chinoise, raconte qu’un roi, héros de leur mythologie, s’était étendu, un jour, à l’ombre d’un arbre à thé, alourdit et l’estomac encombré par un repas trop plantureux … Des serviteurs, pour le soulager, lui faisaient boire de l’eau chaude tirée d’un baquet situé à ses côtés … Le vent s’étant levé, une grande quantité de feuilles de thé tombèrent dans le baquet le teintant de vert pâle … Les serviteurs qui apportaient régulièrement l’eau chaude ne s’en aperçurent pas … Cette « décoction » impromptue soulagea avec une telle efficacité le monarque qu’il se releva, subitement soulagé et remis sur pied … Aussi, le roi fit-il planter et développer cette plante bénéfique dans ses jardins et en propagea la consommation dans toute la Chine …

Il s’agit, bien sûr, d’une légende qui a plusieurs versions et j’ai retenu celle-ci qui me fut contée jadis par un ami chinois … En réalité, le théier, camélia sinensis ou camélia chinois, appellation qui fut donnée par le botaniste Linné en 1753, serait originaire d’Extrême-Orient … et ne serait apparu en Chine que sous la dynastie des Hans de l’Ouest (-206 à -24 av. J-C) … Les Hans sont des montagnards répartis dans des régions (le Yunnam) bordant le Thibet …

De la famille des Théacées, c’est une plante voisine du camélia horticole qui peut atteindre 10 à 15 mètres de haut … Pour faciliter sa récolte, par tailles réductrices, les producteurs ont ramené sa hauteur à une portée de main, facilitant la cueillette de ses feuilles …

Le thé est devenu une boisson de tradition et de rites … C’est la boisson la plus bue dans le monde après l’eau … Contrairement à ce que l’on peut penser, il n’y a qu’une sorte de thé en provenance de l’arbre à thé, le camélia sinensis … Les différentes sortes sont obtenues en traitant différemment les feuilles récoltées …

C’est ainsi qu’il existe :

Le thé blanc : D’origine chinoise, le plus proche de la feuille fraîche du théier … Cueillette du bourgeon avec les deux premières feuilles (Bai Mu Dan) ou uniquement les bourgeons (Bai Hao Yin Zhen)… Infusion longue jusqu’à 20 minutes avec une eau de source à une température de 60 à 70 degré C. … Il est rafraîchissant et convient surtout l’été … Pour en savoir davantage cliquez sur : …http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9_blanc

Le thé jaune : thé de bourgeons ou de feuilles … le plus fin et le plus rare … fermentation légère des feuilles brutes roulées et torréfiées … La technique de la torréfaction du thé est difficile à préciser, tellement il y a de versions et d’interprétations de ce procédé, consistant à chauffer les feuilles pour en faire ressortir les sucs … Après un roulage, les feuilles sont entassées en petits tas, pendant plus de vingt heures à un degré d’humidité de 80 à 90 %, jusqu’à oxydation, suivi d’une brève dessiccation …http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9_jaune

Le thé Oolong ou Wulong (dragon noir) : Le phénomène d’oxydation est interrompu rapidement par chauffage dans une bassine de fer … Il est aussi appelé thé bleu-vert … populaire en Asie où il est servi dans les restaurants et même chez McDonald’s … il est pauvre en caféine et sans amertume … En dehors de la Chine, Taiwan en est un grand producteur depuis le XIXe siècle … http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9_Oolong

Le thé rouge : appellation chinoise du thé noir des occidentaux … parce que les occidentaux parlent de la couleur des feuilles, alors que pour les Chinois c’est celle de l’infusion … Il existe aussi un thé rouge, vendu en Europe qui n’est pas du thé, mais provient d’une plante voisine de l’acacia …

Le Pu-erh ou thé post-fermenté : est un thé qui a subi une période de vieillissement à l’air libre allant de quelques mois à plusieurs années … Il a ses origines dans l’histoire chinoise … Le thé, en Chine, commença à se populariser sous la dynastie des Tang (618-907) … il s’appelait Pucha et venait du sud de la chine (le Yunnan, frontalier du Vietnam, du Laos, du Tibet et de la Birmanie) où il poussait dans des forêts situées entre 500 et 1500 mètres d’altitude, très isolées de toutes civilisations … Il était compressé pour faciliter son transport vers l’intérieur du pays … Ce thé comprimé peut se garder très longtemps comme les vieux vins … C’était une boisson de luxe aux vertus médicinales et pharmaceutiques … Ce thé noir contient 2,38 grammes de theanine par 100 gammes de thé …http://fr.wikipedia.org/wiki/Pu-erh …

Le thé noir en Occident : ou anglo-indien … Mis au point par les Britanniques, en Inde, au milieu du XIXe siècle … a subi une oxydation complète … Contrairement au thé vert qui perd de sa fraîcheur après 12 à 18 mois, le thé noir se conserve plusieurs années sans perdre sa saveur … Il est plus tannique et contient davantage de caféine que le vert … Le thé noir se prépare avec une eau à 95° C. durant 3 à 4 minutes … Comme il est astringent, en Angleterre et en Inde, on y ajoute du lait (un nuage) et du sucre …http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9_noir …

Procédé orthodoxe de fabrication : 1. Flétrissage (18 à 32 heures) pour enlever l’humidité … 2. Roulage (30 minutes) pour briser les cellules et libérer les enzymes pour une meilleure fermentation … 3. Fermentation (1 à 3 heures) repos dans une pièce chaude et humide … 4. Dessiccation (20 minutes) … : pour arrêter la fermentation on soumet les feuilles à une température de 90° C. … 5. On trie les feuilles par tamisage avant de procéder à l’emballage …

Le procédé CTC (Crush , Tear, Curl ou broyage, déchiquetage, bouclage) consiste à déchiqueter les feuilles, légèrement flétries et coupées, par des cylindres équipés de lames métalliques, puis à les rouler dans un tonneau tournant sur lui-même …

Le thé vert : C’est celui qui a les propriétés thérapeutiques les plus efficaces, aussi se répand-il de plus en plus en occident … Ses procédés de fabrication développent particulièrement les vertus favorisant le maintien d’une bonne santé … Après sa cueillette, les feuilles sont flétries, ensuite roulées pour en exprimer les sucs … On neutralise alors l’enzyme responsable de l’oxydation par chauffage dans des bassines de cuivre placées sur le feu, selon la méthode chinoise, alors que les Japonais passent les feuilles à travers des jets de vapeur … On recommande pour sa préparation d’utiliser une eau peu chaude (70° C.) … http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9_vert

Le thé vert est le plus bénéfique à la santé, parce qu’il contient :

1. Une catéchine qui est une molécule de la famille des flavonoïdes, source importante d’antioxydants qui contrôlent l’excès d’oxydation, responsable de beaucoup de maladies humaines dont les accidents vasculaires cérébraux et les maladies neurodégénératives … la catéchine pourrait contribuer à l’apport des compléments alimentaires qui entretiennent la santé et préviennent certaines maladies comme le cancer et les maladies cardiovasculaires … Les flavonoïdes sont naturellement présents dans les fruits et les légumes et dans le vin, la bière, le lait de soja et le chocolat …

2. Des vitamines … 150 à 300 milligrammes de vitamines C par 100 grammes de feuilles … de même que des vitamines B, E et K … autres avantages  : régulerait la synthèse du cholestérol … améliorerait la défaillance multiviscérale des moribonds et l’état de santé des malades en soins intensifs … réduirait la croissance des tumeurs cancéreuses … aurait un effet sur la qualité du sperme … limiterait les effets de l’âge … Il faut signaler cependant que les vertus de la vitamine C ne sont pas encore absolument prouvées et seraient encore sujettes à de nombreuses controverses …

3. La caféine … a été identifiée à la théine en 1838 … et a été conservée dans le langage courant pour désigner la molécule du thé … Pourtant, il y a une différence fondamentale entre l’assimilation par l’organisme de l’un par rapport à l’autre … Ainsi, une tasse de café contient 100 à 120 mg. de caféine de café qui est lâchée dans l’organisme avec un pic d’intensité qui retombe après 2 à 3 heures, alors qu’une tasse de thé ne contient que 80 mg. de caféine de thé avec l’avantage d’être diffusée de manière uniforme dans le sang sur une durée de 6 à 8 heures … Contrairement à la logique, la diminution des effets excitants du thé s’obtient en l’infusant plus longtemps …

4. Des microéléments : Le fluor (vertus bactéricides), le manganèse (oligo-élément indispensable à l’efficacité de la vitamine C) et le nickel (idem) sont des minéraux susceptibles de contribuer à l’Apport Nutritionnel Conseillé (ANC)

5. Des polyphénols antioxydants : molécules présentes dans le règne végétal produisant un effet bénéfique sur la santé à cause de leur rôle d’antioxydants naturels en prévention et traitement du cancer, des maladies inflammatoires, cardiovasculaires et neurodégénératives … Le thé vert contient, parce que non fermenté, 10 fois plus d’EPGC que le thé noir et 2,5 fois plus que le thé Oolong

6. L’épigallocachine galate EPGC : qui est un polyphénol, puissant antioxydant, capable de neutraliser les espèces réactives oxygénées et les radicaux libres lourdement impliqués dans le vieillissement et les maladies chroniques dégénératives … favorable au combat contre l’obésité, le diabète … serait protecteur du système cardio-vasculaire … et améliorerait le système immunitaire …

7. La théanine : (à ne pas confondre avec la théine, plus connue sous le nom de caféine) … acide aminé responsable du goût umami du thé et de la réduction de son amertume … représente 1 à 2 % du poids total des feuilles … en réduit l’amertume … produit un effet relaxant et une réduction du stress mental et physique ... L'umami est une saveur particulière découverte en 1908 par le professeur Kikunéa Ikeda qui est caractéristique du bouillon d'algues Kombu, utilisée dans la cuisine japonaise et coréenne ... C'est une cinquième saveur qui s'ajoute à celles du sucré, du salé, de l'acide et de l'amer) ...

8. Antistress : Niveau de stress moins élevés, suivant une équipe japonaise qui a testé 42.000 japonais … Ceux qui en buvaient plus de 5 tasses par jour avaient 20 % de risque en moins de souffrir de stress par rapport à ceux qui en buvaient moins de 2 tasses … et suivant cette étude, ceux qui consomment le plus de thé vert ont un risque de pneumonie diminué de 47 % et de cancer du sang de 42 % … Une analyse portant sur des sujets de plus de 70 ans, montre une diminution de 44 % du risque de dépression modérée chez les buveurs de 4 tasses par jour …

9. Cancer : Les chercheurs d’un institut médical de Taiwan, ont testé 170 personnes atteinte du cancer du poumon et 340 personnes saines … les participants ont répondu à une enquête sur leur alimentation et leur mode de vie : consommation thé vert, fruits, légumes, mode de cuisson et antécédents familiaux … Résultats : les fumeurs et non-fumeurs développent 5 fois plus d’aptitude à développer un cancer du poumon que ceux qui boivent au moins une tasse de thé vert par jour … Bien entendu, de toute façon fumer est mauvais pour la santé et diminuer les risques de cancer n’empêche pas les autres maladies de se déclarer …

10. Maladies neuro-végétatives des vieillards : Il est prouvé que les buveurs de thé vert, de plus de 70 ans, ont une meilleures capacité cérébrales que les buveurs de café et de thé noir de même âge et sont une cible moins fragile pour les maladies neurovégétatives comme le Parkinson, l’Alzheimer et la démence …

11. Maladies ophtalmiques : Des chercheurs de l’Université chinoise de Hong Kong on rapporté que le thé vert protégerait contre les maladies oculaires courantes comme le glaucome … Ils prétendent que l’effet antioxydant a duré jusqu’à 20 heures après la consommation d’extraits de thé vert … ils concluent : « Nos résultats indiquent que la consommation de thé vert pourrait agir positivement sur l’œil contre le stress oxydatif » … or, le stress oxydatif entraîne des maladies de la rétine comme le glaucome et la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) …

12. Le thé est riche en tanins : qui donnent au thé son arôme, son goût particulier et son goût amer … Les tanins sont des polyphénols antioxydants … Les tanins du thé sur les molécules de la caféine du thé ont un effet neutralisateur, et sont libérés davantage lors d’une infusion prolongée … Ce qui paraît paradoxal c’est qu’on obtient une diminution des effets excitants du thé en l’infusant plus longtemps … en effet, comme l’explique le docteur P. Dunkan, nutritionniste : « Le muselage des effets excitants de la caféine du thé est lié à la présence des tanins. Dans l’estomac, en présence de l’acide chlorhydrique, les tanins précipitent en emprisonnant et neutralisant une partie de la caféine présente … La caféine du thé diffuse bien plus vite dans l’eau que les tanins. En trois minutes, dans de l’eau chaude, 75 % de la caféine sont libérés pour seulement 52 % des tanins. Si l’on veut un thé léger en caféine, mais qui a du goût, il ne faut pas réduire le temps d’infusion, mais l’augmenter pour donner aux tanins le temps de diffuser avec leurs arômes et l’âpreté de leur saveur »

NB : Je peux témoigner de cet avantage bactéricide des tanins du thé par expérience personnelle … Depuis une quinzaine d’années, tous les matins, je chauffe à 70° C. deux litres d’eau que je verse dans un thermo dans lequel j’ai au préalable introduit quatre sachets de thé vert Pickwick citron qui diffusent toute la journée … Cette préparation libère ses propriétés progressivement tout en neutralisant l’enzyme responsable de l’oxydation … Cette boisson que je consomme régulièrement, contribue fortement au maintien d’une excellente santé, n’étant jamais atteint par aucunes maladies contagieuses, véhiculées par mes proches, surtout les petits-enfants … J’en conclue que les effets bactéricides du thé (et les vitamines C du citron) sont efficaces en ce qui me concerne … Cette boisson légère est très agréable à boire et surtout très digestive, … L’effet se ressent dès sa consommation … «  A bon entendeur, salut » …

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Pour chasser la soif, il faut boire de l’eau … Pour chasser l’ennui, il faut boire du vin… pour s’éclaircir l’esprit et rester éveillé, il faut boire du thé … (Cha Jung ou les classiques du thé)

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Un peu plus avant dans mon texte, j’ai relaté une légende que m’avait conté un ami chinois, il y a une quarantaine d’années … Il y en a d’autres, comme celle de Lu-Yu, un orphelin adopté par un moine bouddhiste … Sa jeunesse fut difficile et aventureuse jusqu’à se produire dans un cirque … Un notable le remarquant, lui permit d’étudier dans sa bibliothèque avec l’assistance d’un précepteur … Recommandé à l’attention de l’Empereur, celui-ci en fit un favori et lui confia la formation de son fils, héritier du trône … Ce fut ainsi qu’il eut l’occasion d’écrire un livre de dix chapitres sur la connaissance et le savoir-faire des adeptes du thé en Chine à cette époque-là  Cette œuvre de Lu-Yu, appelée Cha Ching ou classique du thé, fut écrite au VIIIe siècle et son auteur connut une telle aura que, suivant la tradition chinoise, il fut élevé au rang divin, par décret impérial 

En voici l’énumération des dix chapitres : 1. Origines du thé (mythiques, horticoles et étymologiques) … 2. Les 15 outils nécessaires à la récolte, au pressage, au séchage et à la conservation … 3. Procédé de fabrication des galettes … 4. Matériel nécessaire à la préparation du thé … 5. Préparation du thé … 6. Propriétés du thé, histoire de sa consommation et les différents types connus en Chine du Nord à cette époque … 7. Bibliographie des principaux écrits de l’époque, dont la plupart sont disparus … 8. Les lieux de production et les classes par leur répartition géographique et la qualité de leur production … 9. Traite des phases qui peuvent être omises dans l’art de préparer le thé … 10. Résumé et conclusion …

On reste admiratif sur la qualité, la précision et le souci du détail qui ressort de cet ouvrage écrit entre 760 et 780 de notre ère, à l’époque pour nous de Pépin le Bref et de Charlemagne, et en Chine à celle d’une période troublée de la dynastie Tang,  pendant laquelle l’empereur Daizong (762-779) fut démis par le roi du Tibet, Trisong Detsen, en 763, qu’il remplaça par un nouvel empereur Dezong (779-805) … C’est ce monarque qui imposa le bouddhisme au Tibet en 779 … Cette prédominance tibétaine, à l’époque de l’écrit de Lu Yu, ne peut que renforcer la thèse selon laquelle le thé a son origine dans ces régions …

Cependant, les empereurs chinois n’eurent de cesse de se débarrasser de cette dépendance et ce fut ainsi que, dès la dynastie Song (920-1279, le rituel bouddhiste chan en Chine et zen au Japon (importé par le moine Eisai) s’imposant chez les moines qui le buvaient dans un bol commun, en guise de sacrement, perdit son caractère religieux et se répandit dans la population qui se mit à l’apprécier pour ses vertus digestives et énergisantes …

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Il est aussi très important de signaler la cérémonie du thé japonaise, qui doit se pratiquer avec du thé matcha …http://fr.wikipedia.org/wiki/Matcha … produit dans la région de Aichi… C’est une poudre très fine de thé vert moulu et broyé entre deux pierres … Il ne doit pas infuser, mais être battu dans de l’eau chaude avec un fouet en bambou (le chasen) pour créer une émulsion … http://fr.wikipedia.org/wiki/Chanoyu ... La cérémonie se déroule traditionnellement dans une chashitsu, petite maison à la décoration dépouillée située dans un jardin …http://fr.wikipia.org/wiki/Chashitsu

Sur la toile, les adeptes de la philosophie Zen sont nombreux à conseiller l’art de la détente de la « cérémonie du thé » qui crée les conditions d’isolation psychique neutralisant les effets néfastes de la vie stressante de la plupart … et par relaxation, de «recharger ses accus », afin d’aborder les soucis à venir dans les meilleures conditions …

Les « Fervents » du thé sont devenus nombreux et leur pratique tient du culte … surtout au Japon, mais aussi dans le monde entier … C’est devenu un « rituel » avec ses « Maisons de thé », ses accessoires, ses règles, sa philosophie axée essentiellement sur la relaxation et le vide cérébral …

Pour plus de détail sur cette cérémonie du thé ou Chanoyu, cliquez dans la colonne de droite, le chapitre que j'ai consacré aux coutumes Japonaises : « 27.n - Coutumes japonaises »…

Pour ceux que ça intéresse, voir aussi le site «www.schelma.com/francais/plusdinfos.html» de mon fils et de ma belle-fille japonaise qui présente un aperçu détaillé des meubles et objets exposés dans leur magasin de Bruxelles (200 m2), dont tous les accessoires rituels.

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Je terminerai, par un petit poème que je me suis plu à composer pour chanter les louanges d’une boisson qui contribue tant au bonheur de l’homme en lui donnant ce qui lui manque le plus, la sérénité …

Ô muses, dites-moi le thé

Qui s’écoule en nappe volage

De sa théière en bleu feuillage

Pour m’abreuver à satiété.

 

Ô muses, dites-moi le thé

Qui, le matin, quand le coq chante

M’éveille et, versé m’enchante

De ses arômes de volupté

 

Ô muses, dites-moi le thé

Qui, l’hiver, quand chacun se couche

Et que son doux parfum me touche,

Il évoque mes soirs d’été.

 

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