9.b Poésies du grand âge

Les chants du bonheur retrouvé.

Ce recueil de poèmes qui se veulent optimistes, beaux et chaleureux, a été conçu dans l’intention d’apporter modestement une petite pierre à l’édifice de l’écriture simple et conviviale, en cherchant surtout la beauté du rythme et le chant des mots. …

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« Au soir de nos vies » est un poème de dix pieds qui chante la sérénité d’un couple âgé qui a trouvé des rêves d’amour serein et paisible qu’ils font serrés l’un contre l’autre.

 

Au soir de nos vies.

Entendre la mer rire sur ses plages,
Écouter le vent, un clapotis d’eau.
Il fait doux ce soir, le vent est si sage.
J’ai les pieds dans l’eau, ce soir il fait beau.

Mon cœur est heureux, car ma mie sommeille
Mes doigts de sable caressent son corps.
La lune est blanche, le cormoran dort.
Je suis si heureux quand ma mie s’éveille,
Me regarde : elle est si adorable.
Son corps est tout chaud, chaud comme le sable.

La mer est belle, les nues sont basses.
Elle sourit tendre, ses yeux font des flammes,
Je cherche ses mains, câlin, je l’enlace,
Ses doigts caressent, ses doux yeux réclament
Mes lèvres folles, je cherche les siennes.
Toute joyeuse, elle surprend les miennes.

Le ciel est si beau, la mer est si belle
Que les mouettes dans le ciel se taisent,
Le ciel est ému, les vagues s’apaisent.
Je suis heureux et me blottis contre elle.

Nos vieux cœurs rêvent dans notre vieux lit
Si vieux qu’il craque pour mieux révéler
Un si beau rêve qui n’est pas fini,
Car le grand ciel va nous rappeler
Notre long parcours, notre belle histoire.

Et notre âme de très vieux amoureux
Chante maintenant car c’est la victoire
D’une longue vie dans un cœur heureux.


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Voici la petite histoire de l’existence dont le chemin se poursuit dans l’infini de l’Univers, selon les espoirs du croyant et le réalisme de l’incroyant.

Le chemin sans fin.

Il était une fois, un long chemin qui se perdait dans l’infini … Il n’avait pas de fin et quand on le prenait on ne revenait jamais … Ses pavés solitaires suaient d’ennui. …

Ceux-ci ne connaissaient ni le pas pressé, ni le galop d’un cheval et encore moins le crissement d’un pneu à la torture. …

Ce chemin qui n’en finissait pas de se perdre dans l’infini demanda au ciel d’arrêter sa torture. … le ciel ne répondait pas car sa voix se perdait dans un espace tellement infini que personne ne l’entendait. …

Cependant, le chemin se lamenta tant que ses plaintes parvinrent au roi du ciel qui lui dit ceci : Ton chemin se poursuit où je suis. …

Et je suis au-delà et en deçà de lui. …. … Je suis partout pour ceux qui le prennent et je ne suis nulle part pour les autres. …

Le chemin reprit son parcourt dans la solitude. ...

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Pour se distraire : « jeux de mots » comme disait naïvement maître Capelovici, dans l’émission célèbre « Les jeux de vingt heure » de 1976 à 1987.

Histoires bêtes de chats.

Fouchtra, Fouchtra,
Une poule chapond, un chapon « chat-pond pas »
Qu’on dit dans certaines régions de la France.
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Un chat se promenait dans la corniche,
Perdant « pattes », il « chat-vira »
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Un vieux « chat pitre » rigolait sur un toit
Un jeune chat vint le sermonner et lui faire tout un « chapitre »
Pour qu’il soit sérieux et cesse ses « pitre-ries »
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Un chacal rencontra dans la forêt un chat-calfeutré
Dans sa fourrure épaisse
Le chat s’écarta craignant celui qui faisait le « fé-l’in-tru-cideur»
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Un chat vira sur ses pattes arrières
En appelant son chat sœur à l’aide
Pour échapper au chasseur qui « chavira »
Devant un « chât-aux-brillant (s) », riche
Qui mangeait un « châteaubriant »

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Et voici pour rester dans la fantaisie, une histoire d’anges en bleu qui préparaient la boisson bleue des archanges, qui la buvait, les yeux bleus levés au ciel. … (Vers de douze pieds ou alexandrin)

Fantaisie en bleu.

Un petit oiseau bleu chantait dans la prairie
Sur un grand arbre bleu qui provoquait les anges.

Le ciel tout bleu lui dit : c’est de la fantaisie
De chanter bien mieux que chante les mésanges.
Et il continua : l’eau pure que tu bois
Vient du ruisseau bleu courant dans les sous-bois
En chantonnant et murmurant doucement.

Et si le ciel est bleu, c’est parce que les anges
Récoltent la rosée des fleurs très lentement
Pour fabriquer au ciel la boisson des archanges.

Ceux-ci la boivent bleue, les yeux bleus dans le ciel :
Elle est aussi douce que le meilleur des miels,
Aussi les archanges ont dit merci à Dieu,
Régnant en tout puissant du royaume des cieux

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« L’orange orgueilleuse », c’est l’histoire d’une orange qui méprisait les autres parce qu’elle avait « une position élevée » et qu’elle se croyait la plus belle. …l’histoire dira comment elle a fini. …


L’orange orgueilleuse.

Il était une fois tout au haut d’un arbre qui taquinait le ciel une grosse orange qui se croyait la plus belle et la plus douce des oranges. … Il n’y en a pas sur l’arbre d’aussi tendre et d’aussi colorée que moi, disait-elle. … Je suis la reine des oranges et la gloire du jardinier. …

La belle orange méprisait les autres et se croyait digne de se trouver dans une coupe d’or à la table d’un roi. … Elle le criait tellement fort que les autres plus bas manquaient de se ratatiner de jalousie. …

Aussi, toutes ses sœurs de l’arbre firent de grands efforts pour être plus belle et plus grosse qu’elle. … Elles poussaient très, très fort pour devenir plus rouges. …

Mais les malheureuses ne pouvaient rivaliser avec l’orgueilleuse bien placée au soleil qui tournait autour d’elle, tandis que les autres à l’ombre dans le feuillage ne le recevaient pas bien. …

Le jour de la récolte vint. … Le jardinier ne put l’atteindre tellement elle était haute.et la branche sur laquelle elle perchait, trop fragile, …

Si bien que l’orange resta seule sur l’arbre. … Elle se ratatina de dépit, pourrit et tomba sur le sol et le jardinier l’écrasa en marchant dessus. …

Voilà où conduit la suffisance, dirait La Fontaine. …

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Un saule pleureur se plaignait d’avoir froid aux pieds parce ceux-ci étaient couverts de mousses humides et glacées, le soleil eut pitié de lui et lui confectionna une couche de mousses séchées sur laquelle il se coucha doucement pour lui tenir les pieds au chaud. (Vers de six pieds

Le saule pleureur

Un gentil ru chantait
Tout seul dans la prairie,
Frôlant ses rives chéries.

Joyeux, il contournait
Un vieux saule pleureur,
Couvert de mousses douces
Qui très lentement poussent,
Recherchant la fraîcheur.

Le ru dit au pleureur :
Mais pourquoi ta tristesse,
Je te baigne sans cesse,
Ignorant ta fureur
D’avoir les pieds dans l’eau.

Le saule répondit :
Mais je n’aime pas l’eau,
J’ai les pieds refroidis.

Le soleil s’en mêla :
Veux-tu que j’intervienne,
J’arrangerai cela
Bien sûr, quoi qu’il advienne

L’arbre, désespéré
Accepta, intrigué.
Très gentil, le soleil,
Qui n’a pas son pareil,
En brulant fit périr
Toutes les mousses vertes
Pourtant bien trop alertes
Pour si jeune, mourir

Le soleil accepta
Ce lit très accueillant
Sur lequel il coucha
Des rayons peu brûlants.

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Les dieux écoutent des vieux leur parler d’un amour retrouvé qui calme leurs angoisses et leurs peurs. … (Vers de dix pieds)

Le ciel des vieux.

Leur cœur est joyeux, très haut dans le ciel
Un vieux ciel de vieux, qui rêvent d’espace.

D’espace tout bleu, pour le grand appel
D’un cœur fort heureux d’avoir eu l’audace
D’écouter les dieux leur parler des cieux.

Ils se penchent pour entendre les vieux
Réciter des vers qu’ils voudraient chanter
Dans un ciel tout bleu en faisant écouter
Le doux chant tremblant blotti dans leur cœur.

Il parle d’amour dans une belle vie
Qui est si douce quand elle leur sourit
En calmant leur cœur, angoissé de peur.

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Je suis amoureux de ma ville parce qu’elle si belle de ses espaces verts, de ses lieux d’histoire et si chaude de la simplicité de son accueil. … (vers de six pieds)

Bruxelles, ma ville.

Bruxelles, c’est ma ville
Elle reste la plus belle
D’entre toutes les belles

C’est le meilleur asile
Pour les cœurs malmenés
Qui aiment la beauté
De ses espaces verts,
Dans ses grands parcs ouverts.

Bruxelles a révélé
La chanson des gargouilles,
Qui, depuis les toits, souillent
Les témoins du passé.

Bruxelles, tu es belle
Quand chante l’hirondelle
Et revient le printemps.
Les herbes, lentement
Redeviennent plus verte,
A la nature offerte,
Défiant les arbres
Vaniteux tel le marbre.

C’est enfin le printemps,
Espéré très longtemps.
Les grands parcs sont en fleurs,
Le nature est si belle
Qu’elle prend la couleur
Des douces fleurs nouvelles.

Ma ville est si fiévreuse,
Dans son soleil d’été.
Elle se sent très heureuse
D’apporter la gaieté
De ses parcs en fraîcheur,
De ses fleurs en couleur

Ma ville est aussi douce,
Que l’automne des couleurs,
Car ses beaux arbres troussent
La nature en chaleur,
Pour donner les beaux fruits
De son sol tout ravi.

Bruxelles est en hiver,
Elle a froid de ses neiges,
Qui sont le pullover
D’un sol qui est le siège
De la vie engourdie.
Elle dort très ravie
Du repos que lui donne
Celui qui s’abandonne
A la vie alanguie
En rêves qui sourient.

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Deux amoureux, atteint par l’âge, songent à la longue vie qui leur a usé le cœur et retrouvent, en fin de celle-ci, les chants murmurés doucement dans la fraîcheur d’un amour réveillé. … (Vers libres)

Mes plages.

J’ai vu mes plages
Voguant sur leurs nuages,
Au-dessus des sables doux,
Au-dessus de mers fidèles,
Au-dessus d’océans roux
Qui se sont Blottis
Dans mon âme apaisée.

J’ai vu mes plages
Voguant sur leurs nuages,
À la recherche du temps
Qui s’était perdu
Dans mon grand firmament,
Vaste appui des dieux,
Libérant les ciels
Entassés en mon cœur.

J’ai vu mes plages
Voguant sur leurs nuages
Pour rechercher l’amour
Que j’avais perdu,
Usé par le temps,
Obscurci par l’âge.

J’ai encore vu mes plages
Voguant sur leurs nuages,
Me raconter le temps des souvenirs
Qui font revenir
Les chants de l’âme
La passion des corps usés.

J’ai alors vu mes plages
Voguant sur leurs nuages,
Retrouvant la douce chaleur de la tendresse,
Les regards amoureux de deux vieux,
Qui se veulent éternel.

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Rappel des règles de la poésie classique exigées au baccalauréat français, que j’ai appliquées en ne respectant pas cependant la règles de l’alternance des rimes féminines et masculines qui apportent peu au chant des vers.

1. Un vers commence toujours par une majuscule

2. Règles pour compter les syllabes : 1. Le « e » muet qui termine un vers ne se compte pas et ne se prononce pas… 2. Le « e » muet suivi d’une voyelle ne se compte pas… 3. Le « e » muet suivi d’une consonne se compte. …

3. Les rimes : 1. Les rimes plates sont celle qui se suivent… 2. Les rimes croisées sont celles qui alternent… 3. Les rimes embrassées sont celles où deux rimes sont au centre de quatre vers, les deux autres étant au-dessus et en dessous. …

4. Types de rimes : 1. les rimes riches sont celles qui riment au moins sur trois sons… 2. Les rimes suffisantes riment sur deux sons … 3. Les rimes pauvres riment sur un son. …

5. Genres : sont féminins les vers finissant par -e -es -ent … les autres sont masculins. …

6. Pour le rythme, les vers sont coupés au centre (césure), l’alexandrin 6/6… le vers de dix pieds 5/5… le vers de huit pied 4/4 … le vers de six pieds 3/3…, mais ce n'est pas une règle absolue ... Il existe aussi des vers d’un, deux, trois, quatre, cinq pieds et même davantage. …

 

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