De l'instinct à l'intelligence - cohérence et déduction - les découvreurs - mutation - Boshimans

 

Nous avons vu que « l'être humain », péniblement de génération en génération, a amélioré son intelligence jusqu'à atteindre les performances de ses cerveaux les plus brillants.

L'intelligence a franchi des étapes longues et ardues avant de se développer et de parvenir à des niveaux insoupçonnés surtout depuis que les découvreurs n'agissent plus seuls et sont en permanence en contact les uns avec les autres par tous les moyens de transmission dont Internet et la toile.

Il est probable qu'un phénomène de mutation (vraisemblablement accidentel par la voie du hasard)  a eu lieu, il y a peut-être plusieurs centaines de milliers d'années, apportant à l'homme en puissance la possibilité de développer son cerveau.

Cet accident aussi aléatoire que ne le fut la vie a donné à l'être humain existant actuellement sur notre planète, le potentiel cérébral nécessaire pour atteindre, en tous cas dans sa descendance, les plus hautes performances cérébrales.

Le Boshiman est un chasseur-cueilleur qui est quasiment resté au stade primitif des premiers humanoïdes.  Transféré dans un milieu jouissant de la culture d'une civilisation avancée, il développera tôt ou tard par nécessité le potentiel d'intelligence, non utilisé dans son environnement antérieur, cependant en puissance dans son entité humaine.

Dans le chant qui suit, j'ai tenu à marquer un  temps d'arrêt pour mieux souligner cette importante faculté de cohérence et de déduction que tout homme cultivé utilise instinctivement d'une manière performante dès qu'il se trouve face à un problème quelconque, sans réaliser les prouesses cérébrales qu'il accomplit.

 

HARMONIE DE LA COHÉRENCE ET DE LA DÉDUCTION.


Des brumes lourdes noyant ta pensée

Surgissent les timides lucioles

De tes premiers chants et de tes paroles

Que tu lançais le soir, à la veillée.

 

A la gloire des dieux que tu implores,

Tu créeras des tracés bénéfiques

Pour te garder du prédit maléfique

Qui annonçait ton destin et ta mort.

 

Tes refrains se sont alanguis au cœur

Des poètes pour bien chanter l'amour.

Ta raison, chaleureuse douce sœur

Des âmes tristes, s'est bercée de jour.

 

Du grand livre des mondes infinis

Une page de temps s'est échappée

En gémissant sa lente mélopée

D'invocations pour cœurs démunis.

 

Lancinant murmure de la logique,

Lente incantation mathématique,

Ballet des formes et projections,

Refrain de signes et des relations

 

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La cohérence est par définition le rapport logique entre des idées.  Il ne suffit donc pas que l'intelligence émette des idées, crée des concepts,  il faut encore que ceux-ci provoquent un développement logique. D'où l'importance de la cohérence dans une construction qui se veut progressive.

Le cerveau animal a mis 600 millions d'années pour atteindre, chez le chimpanzé, un volume de 350 cm³ ... ce qui devrait être à peu près le volume du cerveau du dernier ancêtre que les humains ont en commun avec les chimpanzés, qui ont un cerveau de même taille ... Dans la lignée humaine, le volume du cerveau a mis 2 à 3 millions d'années pour passer de 350 à 1.350 cm³ ... (Prof. de Duve - Génétique du péché originel, page 140)

Selon le professeur, cette augmentation du volume cérébral de 25 milliards de neurones à 100 milliards s'est produite avec une augmentation de connexions inter-neuronales de 250 milliards à un million de milliards ... (page 141) ... Cette progression s'est faite par paliers, avec parfois des temps très longs (1 millions d'années) ... Les sauts se localisant à des endroits différents ... Ainsi, il y a 2,5 millions d'années, quatre espèces différentes coexistaient  - Parenthropus boiséi, Homo habilis, Homo ergaster, et Homo erectus - avec des volumes cérébraux variant entre 500 et 1000 cm³ ... (page 143)

L'homme est le seul animal qui a développé une culture poussée de la déduction ...  cet avantage lui est venu par la nécessité de répondre aux défis rencontrés lors de son adaptation précaire aux dangers d'un biotope qui ne le protégeait plus  ...

Cette nécessité d'adaptation contraignit ses descendants à développer, par accidents fortuits, les outils qui, en fin de compte, les amenèrent à supplanter les autres espèces.

Les zoologistes qui observent le comportement des animaux, constatent des adaptations pseudo-intelligentes chez certains qui démontrent le début d'un raisonnement ...  Ce qui est particulier, c'est que cette manifestation pseudo-intelligente ne se produit que dans certains groupes, les autres, pourtant voisins, en étant dépourvus.

Ainsi, en Angleterre, certaines mésanges ont appris à ouvrir avec leur bec le couvercle des bouteilles de lait, tandis que d'autres ayant accès aux mêmes bouteilles les négligent  (Hinde et Fischer, 1952) ... Les loutres de Californie utilisent des outils pour ouvrir des moules alors  que d'autres, elles aussi grandes consommatrices de moules, s'en passent  (Hall et Schaller, 1964) ... Les macaques du Japon de l'île de koshima ont découvert fortuitement  que le fait de laver les pommes de terre dans l'eau de mer éliminait les sable qui y était collé (Kawai,  1965) ... Ces informations de même celles qui vont suivre ont été reprises de Christophe Boesch, l'homme,  le singe et l'outil : question de culture (Chapitre 4 de Origine de l'humanité, sous la direction de Pascal Picq et Yves Coppens - Fayard).

Principaux comportements culturels observés chez les chimpanzés (Présent dans certaines communautés et absent dans d'autres) Christophe Boesch, directeur du département de Primatologie de l'Institut Max Planck, Leipzig, Allemagne)

Casser des noix (Pour ouvrir des noix de Coula, les chimpanzés utilisent des pierres comme marteaux et comme enclumes) ...Creuser à l'aide d'un pilon (Les chimpanzés creusent et approfondissent des trous dans les arbres avec des tiges de palmiers qui jouent le rôle de pilons) ... La pêche aux termites (les chimpanzés introduisent des morceaux d'écorce minces et flexibles dans une termitière et en extraient les termites qu'ils mangent) ... Récupérer des fournis sur une brindille (Une fois que les fourmis ont escaladé la brindille introduite dans leur nid, les chimpanzés la font coulisser dans leur poing fermé, poussant les fourmis dans leur bouche) ...  Récupérer de la moelle ( A l'aide de brindilles, les chimpanzés extraient la moelle des os longs des singes qu'ils ont tués et dévorés) ... Le coussin de feuilles (Quelques grandes feuilles semblent servir de protection aux chimpanzés qui s'assoient sur le sol humide) ...  L'éventail à mouches (Pour se débarrasser des mouches, les chimpanzés utilisent des rameaux feuillus en guise d'éventails.) ... Se chatouiller (Les chimpanzés utilisent de grosses pierres ou des bâtons pour se chatouiller) ... Le jeu de lancer (Les chimpanzés lancent des objets - pierres ou bâtons - vers une cible précise, mais l'atteignent rarement) ... L'inspection des plaies (Lorsqu'ils sont blessés, les chimpanzés passent des feuilles, qu'ils ont parfois préalablement mâchonnées, sur leurs plaies, puis les examinent.) ...  Déchirer des feuilles (Pour attirer l'attention des compagnons de jeux ou des femelles, les chimpanzés mâles déchirent des feuilles mortes avec les dents pour faire du bruit.) ...  Éliminer des parasites (Les chimpanzés placent sur une feuille les parasites qu'ils ont enlevés à leurs congénères lors de l'épouillage, puis les écrasent) ...  Observation des parasites Les chimpanzés placent   les parasites enlevés à leur congénère sur une feuille dans la paume de leur main pour les examiner, puis les mangent ou les rejettent.)  Écraser les parasites avec le doigt (Les chimpanzés placent sur leur avant-bras les parasites enlevés à leur congénère puis les écrasent à plusieurs reprises avant de les manger) ...  La poignée de main au-dessus de la tête (Les chimpanzés joignent leurs mains au-dessus de la tête pendant qu'ils se toilettent  mutuellement  avec l'autre main.) ...  Frapper, les doigts repliés (Les chimpanzés frappent les arbres ou d'autre surfaces dures avec leurs doigts repliés pour attirer l'attention pendant la parade nuptiale.) ...  Danser sous la pluie (Lorsqu'une forte averse commence, les mâles simulent une charge : ils traînent des branchages, martèlent le sol, frappent  sur les racines saillantes et poussent des cris)

Ces différents comportements ont été observés chez des individus sauvages qui n'avaient pas eu l'occasion de copier les humains ... Il s'agit donc bien des premières manifestations de l'intelligence qui se transmettent de parents à enfants par imitation et qui se fixent par atavisme.

 

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