Inventaire des moyens de l'intelligence humaine - Évolution mosaïque - nos origines - Adam Y et Ève mitochondriale - Les Cro-Magnons.

 


Nous nous sommes situés dans l'espace, dans l'infini, ... et dans le temps ...

Nous en avons conclu à « l'unification » du « Tout » dans une force ou énergie fondamentale qui sous-tend les univers et qui est la seule possible dans une « logique qui tue », les autres étant impossibles dans l'absolu de la raison.

Dans l'absolu de la raison, il est difficilement concevable qu'il existât un «Tout statique » qui occupa tout l'espace et qui n'aurait pas d'origine ...

Cependant, les croyants pourraient y trouver  une place pour l' « Être Supérieur », mais alors pourquoi en sort-il de cet état pour créer des «univers non statiques », dans l'intention de donner un espace d'épreuves à l'âme de  l'homme au centre d'un petit déchet de petite planète dans un de ces univers ou de cet univers ... ?

Aussi, après toutes ces considérations, nous devons « retomber sur terre » pour analyser en profondeur notre histoire et notre milieu depuis que les « l'homo sapiens », ont évolué vers le savoir et se sont  dotés des moyens nécessaires à l'expression d'un raisonnement.

Cette analyse pour être complète doit remonter très loin dans le passé de nos ancêtres, les descendants  d'arboricoles qui ont  évolué et muté.

Cependant, refaire l'arbre généalogique complet de l'homme est impossible, en raison d'une période obscure dans son histoire qui se situe avant l'homme de Neandertal et celui de Cro-Magnon.

Ce passé, suivant Pascal Picq, est un écheveau énorme aux embranchements multiples, caractérisé  par le fait qu'il n'est pas singulier, mais mosaïque, pluriel et buissonnant.

L'avènement de l'homo sapiens est l'aboutissement d'un long parcours semé d'embûches que les « survivants » ont entrepris depuis qu'ils ont quitté leur forêt équatoriale, en dépit des nombreux accidents qui n'ont cessé d'interrompre son parcours.

Cette période mosaïque, plurielle et buissonnante, est tellement lointaine que ses traces  se perdent dans la « nuit des temps » et que ses vestiges n'ont que peu résisté aux accidents naturels, climatiques ou autres.

Il est certain que de nombreuses branches ont « buissonné » pour s'étioler et mourir et qu'une seule a subsisté.

Aussi, concernant cette période cruciale de l'histoire de nos origines, est-il important de laisser la parole au professeur de Duve qui aux pages 128 et 129 de son livre « Génétique du péché originel » mis à jour en février 2010,  dit en substance ceci :

Chez les organismes qui se reproduisent sexuellement, les spermatozoïdes perdent leur mitochondrie au cours de leur maturation, de sorte que ces organismes sont transmis de générations en générations exclusivement par les ovocytes de la lignée femelle.  Le séquençage comparé d'échantillons d'ADN mitochondrial humain récolté dans diverses parties du monde a permis de reconstituer cette généalogie jusqu'à une femelle ancestrale unique -  l'«Ève mitochondriale », comme on l'appelle  -  qui vécut quelque part en Afrique, il y a environ 200.000 ans.  Des études similaires sur le chromosome Y, prérogative mâle, ont conduit de la même manière à un « Adam Y » qui vivait en Afrique à peu près à la même époque.

Le professeur signale pour ceux qui serait tenté d'y voir une référence biblique, qu'elles ne se rapporte pas à un couple défini, mais bien à deux individus non spécifiés, dont on estime, sur la base de calculs théoriques, qu'ils faisaient partie d'une population initiale d'environ 5.000 membres de chaque sexe partageant le même patrimoine génétique.  Au cours du temps, toutes les lignées de même sexe, sauf une, ont été interrompues par l'absence de filles dans les lignées femelles ou de fils dans les lignées mâles, ne laissant finalement que deux lignées ininterrompues, l'une femelle et l'autre mâle, remontant à deux individus qui n'avaient probablement rien à voir l'un avec l'autre.  Adam Y ne s'est probablement jamais accouplé avec Ève mitochondriale. Selon ces découvertes, tous les êtres humains existants sont des descendants de cette  seule branche africaine. ... Les bandes de l'homo ergaster et de l'homo erectus qui se sont égaillées sur une bonne partie de l'Eurasie, il y a  1,5 million d'annéesse sont toutes éteintes depuis longtemps sans laisser de descendants actuels. ... Il est remarquable qu'après toutes ces pérégrinations l'étape finale vers l'humanité soit partie d'Afrique, son premier berceau.

Cette  « rétrogradation de l'espèce » dans notre passé, avec extinction de presque tous ceux qui auraient pu devenir nos ancêtres fut suivie d'une nouvelle expansion de quelques individus qui deviendront les ancêtres de tous les hommes vivant sur notre planète, qu'ils soient Boschimans (peuple primitif d'Afrique) ou savants de nos universités.

Cependant, cette nouvelle expansion aura sa « branche morte »,les Néandertaliens et voici ce qu'en précise le professeur de Duve page 133 à 135 de l'ouvrage précité :

Nos ancêtres, les Cro-Magnons, ont été précédés des Néandertaliens et ont probablement migré hors d'Afrique avant leurs jeunes cousins, pour s'établir dans de nombreuses parties de l'Europe et du Moyen-Orient.   Ils y furent rejoints plus tard par les Cro-Magnons, avec lesquels ils ont coexisté pendant un certain temps. ... On s'accorde généralement à considérer les deux groupes comme suffisamment proches pour mériter le même nom de Homo Sapiens, tout en qualifiant les Cro-Magnon de « sapiens sapiens » ... Il n'existe pratiquement aucune indication que les Néandertaliens aient eu un art, des bijoux ou des rites, en tout cas comparable à ceux des Cro-Magnons.  Il leur est arrivé d'ensevelir leurs morts, mais avec peu d'ornements Leur cerveau, néanmoins, semble avoir été un peu plus  gros que celui des Cro-Magnons, mais ce n'est pas nécessairement un signe de supériorité intellectuelle ... C'est le développement de certaines régions spécifiques du néocortex qui est décisif. ... Quant à la parole, des moulages de la partie inférieure de leur crâne suggèrent que leur larynx  pourrait avoir été situé trop haut pour permettre un véritable langage, mais la question reste controversée à la suite de la découverte d'un autre os qui surmonte le larynx trouvé en Israël ... Autre question sans réponse concerne les relations qui existaient entre Néandertaliens et Cro-Magnons  ...  se sont-ils connu, ont-ils fraternisé jusqu'au croisement, sans progéniture comme c'est le cas des hybrides, tels que le mulet ... ou au contraire se sont-ils battus et même exterminés ?

 

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Si nous cherchons le sens de l'existence, nous ne pourrons le faire qu'en utilisant l'outil de base qu'est la pensée, elle-même étant l'expression des phénomènes suscités par ce que nous appelons l'intelligence.

A ce stade de mon exposé, Je crois utile d'analyser en profondeur cette faculté qui nous singularise des autres êtres vivants : le développement de l'intelligence suscitant la pensée, laquelle s'est prolongée et perfectionnée dans la cohérence et la déduction pour s'épanouir dans les  créations cérébrales de l'invention et de l'imagination.

Afin d'en arriver à une conclusion bien argumentée, je crois nécessaire de procéder à une étude systématique du matériel dont nous disposons et de son fonctionnement, tout en laissant au lecteur le soin de disserter sur  la logique de son développement.

Je vais m'efforcer d'évoquer ce matériel en mélodies qui se succéderont dans une structure progressive en abordant les thèmes suivants :

1. La pensée est l'aboutissement du travail cérébral de l'animal intelligent qu'est devenu l'être humain.

2. La cohérence (rapport logique entre des idées) est la charpente d'une réflexion intelligemment élaborée par cet être humain et la déduction en découle et lui est concomitante.

3. La création cérébrale en est le produit.

Elle-même exaltée par 4. le sublime qui résulte de l'élévation de la pensée construite en dehors du matériel.

L'ensemble de ces démarches provoquant 5. l'évolution « exponentielle », résultant des actions posées dans l'infini futur de l'évolution du savoir et de son développement.

En guise de 6. conclusion, je me permettrai de disserter sur le sens de la pensée humaine : est-elle un mécanisme dû à des fonctions cérébrales en progression performante ou est-elle le support d'un message à décrypter ?

 

 

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