L'intelligence suit une courbe exponentielle de progrès - évolution mosaïque - hominidés - intelligence créatrice -

 

Arrivé à ce stade de mon cheminement dans la pensée humaine, je vais m'arrêter quelque peu à la plus performante de nos facultés mais aussi la plus dangereuse pour l'équilibre de notre planète : l'intelligence créatrice.

Elle a permis aux humains de mettre en place surtout depuis peu de temps (un petit siècle tout au plus) des avancées technologiques dont les résultats  bouleversent par leur gigantisme exponentiel, un équilibre naturel si péniblement construit sur notre terre pendant des millions d'années.

Pour rendre didactique la démonstration de l'expansion de notre espèce, depuis qu'elle a quitté son biotope naturel des forêts équatoriales, j'ai repris les données que me fournissait la page 157 du livre du Professeur de Duve « Génétique du péché originel » dans une présentation synoptique :

Époque (années)

Nombre d'individus

 

-500.000

3.000

Au cœur de l'Afrique, lorsque les Néandertaliens se sont séparés des Cro-Magnon pour aller leur propre chemin.

-200.000

10.000

L'Éve mitochondriale, Adam Y et leurs congénères entreprennent leur dernier trajet vers Homo sapiens sapiens

-10.000

De  5 à 10 millions

Éparpillés sur une bonne part du monde, lorsque les premières agglomérations humaines furent créées.

1.600

500 millions

Henri IV :  1589/1610  (France)

1.800

1 milliard

Consulat  Bonaparte-Cambacérès-Lebrun 1799/1802 (France)

1.930

2 milliards

3ème république :  Gaston Doumergue 1924/1931 ( France)

1.970

4 milliards

Pompidou  1969 /1974 (France)

2.010

6,5 milliards

Sarkozy  depuis 2007  (France)

2.050

9,1 milliards

-

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                              Avant d'aborder ce sujet de la progression dangereuse de notre espèce qui va inévitablement saturer son habitat,  j'aimerais rappeler les étapes d'une évolution due autant au hasard qu'aux accidents, nous amenant à subir ce futur périlleux, cependant confortable pour nos descendants, à la condition de bien maîtriser la menace de surpopulation. (Notre planète ne peut que difficilement aller au-delà de 10 milliards d'habitants, d'après les économistes les plus optimistes)

Les paléoanthropologues se perdent en conjectures  tellement l'évolution de l'homo est   mosaïque, plurielle et buissonnante comme le prétend Pascal Picq sur la couverture de son livre « Au commencement était l'homme ».

Aussi, il m'a semblé utile de compléter mon étude par quelques données sur l'histoire de nos lointains ancêtres, qui démontrent bien ce caractère « buissonnant » de nos origines.   °liste résumée d'un tableau des hominidés tirée de Wikipédia°

 Liste des Hominidés se subdivisant en :

 a) Représentants du genre Pongo (pongo pygmaeus)

b) Représentants du genre Gorilla (Gorille)

c) Premiers hominins dont Toumaï (-7 millions d'années à -4,4 millions d'années )

d) Panina (Pan troglodytes et paniscus)

e) Hominina (4,4 millions à nos jours)

Groupe se subdivisant lui même en :

1. Kenyantropus platyops (-3,5 à -3,8 millions d'années)

2. Australopiphèques graciles dont « Lucy » et « Abel » (-4,2 à -2,6 million

d'années)

3. Australopithèques robustes  (-2,7 à 1,5 millions d'années)

4. La mosaïque de tous les représentants du genre Homo :  (en millions  d'années)

Rudolfensis (-2,4 à -1,8)

Habilis (-2,4 à -1,6)

Géorgicus, premier hors Afrique  (-1,8 à -1,2)

Ergaster (1,9 à 1)

Antecessor (-1,2 à -à  0,700)

Erectus,  premier debout  (-1 à 0,300)

Heidelbergensis (-0,600 à -0,200)

Néanderthalensis (-0,250 à -0,028)

Sapiens idaltu (-0,195 à -154)

Rhodesiensis (-0,300 à - 0,125)

Floresiensis (-0,095 à - -0,012)

Soloensis  (-  0,095 à -0,012)

Homo sapiens (-0,200 à nos jours)

 

Cette mosaïque est un buisson de branches multiples dont un mutant l'Homo sapiens est accidentellement sorti il y a 200.000 ans, a évolué et saturé son habitat jusqu'à le menacer...  Elle permet aussi de bien situer Toumaï, Lucy et Abel ...

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A propos des origines communes à l'homme et au singe, Pascal Picq a dit lors d'un entretien à la Radio Française en 2002.

L'homme ne descend pas du singe. On sait que l'évolution n'a pas procédé par grades successifs. Les singes ont évolué en même temps que nous. Ils ne sont pas plus, pas moins évolués que nous. Les chimpanzés et les bonobos sont plus proches de nous que les gorilles. En terme de famille, cela veut dire que ce sont nos frères et que les gorilles sont nos cousins. Nous, les chimpanzés, les bonobos et les hommes, avons un dernier ancêtre commun à partir duquel nous nous sommes séparés en Afrique vers 6 ou 7 millions d'années. Si on fait le bilan de ce que l'on a observé depuis 30 ans chez les chimpanzés, on s'aperçoit que tout ce que l'on avait cru voir se manifester en termes d'adaptation uniquement chez les hommes c'est à dire la bipédie, l'outil, la chasse, le partage de la nourriture, la sexualité, les systèmes sociaux, le rire, la conscience, l'empathie, la sympathie, les chimpanzés le font aussi. Donc, soit ils ont tout acquis indépendamment, soit cela vient du dernier ancêtre commun, ce qui est plus plausible. Cela veut dire que déjà dans le monde des forêts, il y a 6 à 7 millions d'années, toutes ces caractéristiques que l'on a cru propres à l'homme existaient et font partie d'un bagage ancestral commun.

Note du « modeste tout le monde » que je suis : Ce long et lent chemin de nos ancêtres à  travers toutes les branches de nos origines ne peut que confirmer le caractère hasardeux et exceptionnel de l'évolution de quelques primates, échappés par miracle, vers l'homo sapiens dont les descendants ont développé l'intelligence leur permettant de maîtriser le minéral et la vie, et de la transformer jusqu'à intervenir dans sa structure physique.  Dans le creuset de leurs « lieux » de science, par leurs découvertes, les hommes ont amélioré leur milieu, transformé leur planète et la vie, en ont découvert les secrets jusqu'à intervenir dans leur propre entité physique (médecine et chirurgie) et dans leur biotope.

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