Le Bengladesh (Un chercheur, époux de la secrétaire paroissiale qui revenait d'un voyage d'étude là-bas)

Ils ont chanté le Gange,

Dansé dans les rizières.

Ils ont planté le riz,

Récolté la misère.


Alors qu'ils rêvaient

De blés ensoleillés

Et de récoltes blondes,

Ils ont cauchemardé

De typhons, de noyés,

Et de la fin du monde.


Comme des grains de sable

Refoulés par la mer,

Ils reculent ou avancent,

Abrutis de souffrance,

Multitude anonyme,

En quête du bonheur.

 

{4} Pour la réunion suivante du 24 mars 1984, nous avons profité de l'opportunité que la secrétaire paroissiale qui dactylographiait notre feuille d'invitation avait épousé un Bangladeshi et revenait justement d'un grand voyage au pays de son mari. Ils en avaient ramené de nombreuses diapositives dont ils firent un montage très réussi.

L'ambassadeur du Bengladesh assistait à la réunion et se chargea de l'introduction. A notre demande, il la fit avec grande discrétion, évitant d'aborder les points chauds de la politique et de la religion.

Le Bengladesh est devenu une région très pauvre depuis son indépendance, son niveau de vie est un des plus bas de l'Asie. Les raisons en sont multiples : pillage et mauvaise gestion des colonisateurs britanniques qui l'avaient mal gérée, mais surtout démographie galopante (environ 130 millions d'habitants majoritairement musulmans, avec 12 % d'Hindous, harmonieusement intégrés).

Aussi, dès 1960, sera mise en place une politique sérieuse de contraception à laquelle les religieux de l'Islam ne s'opposeront pas, rappelons qu'en général ceux-ci la tolère (certains théologiens l'admettaient déjà au XIème siècle).

En outre, ce qui n'arrange rien, ce pays connaîtra les plus grands cataclysmes de la planète ( famine et inondations en 1975 et en avril 1991, cyclone sur les côtes - 125.000 morts, 10 millions sans abris, 1,78 milliards de $ de dégâts).

En 1947, lors de la décision prise par les Anglais de transformer l'empire britannique hérité de l'époque victorienne en États souverains en regroupant les anciens dominions, protectorats et colonies dans l'entité associative du « Commonwealth of Nations », les deux Pakistans (pourtant éloignés géographiquement dont les anciens colonisateurs n'avaient fait qu'une seule nation) n'arriveront pas à s'entendre pour former un État cohérent, aucune affinité ne se trouvant en dehors de la religion musulmane. Leur seule motivation à la formation d'un État hybride fait de des deux entités sera de rester indépendante de l'Inde qui les séparent géographiquement.

C'est la raison pour laquelle fin 1971, après insurrection, déplacement de population et misères de tous genres, les Pakistanais de l'est capitulèrent et un nouvel État, le Bengladesh, très appauvri et surpeuplé, sera reconnu par les grandes puissances.

Le pouvoir politique de ce nouveau pays, souvent corrompu, ne sera pas à la hauteur d'un redressement valable, bien que soutenu par les grandes nations sans doute pour éviter des débordements préjudiciables à l'équilibre des forces dans cette partie du monde.

La moitié de la population active s'emploie à l'agriculture qui est mal équipée et continuellement anéantie par les cataclysmes naturels.

En 1947, lors de la dislocation de l'empire britannique, le futur Bengladesh, ne disposait que de très peu d'industries (le jute produit était transformé en produits finis à Calcutta, en Inde).

L'industrie cotonnière cependant et celle de l'habillement se développèrent. Plusieurs milliers d'entreprises gérées surtout par des Coréens, exploitent des « petites mains » bon marché.Cependant la matière première est produite ailleurs, la précarité de sa culture n'en autorisant pas le développement.

Ces points chauds et délicats seront évités par les conférenciers qui s'efforceront surtout de nous faire apprécier la richesse de la culture artistique d'une population raffinée, souriante et courageuse dont quelques représentants talentueux nous firent une démonstration de chants et danses avec costumes et accompagnement instrumental.

Dans la bonne ambiance de notre petite salle, régna très vite un courant de chaude affection envers ces jeunes qui s'efforçaient, loin de chez eux, de nous transmettre toute la ferveur qu'ils ressentaient pour leur coin de terre déshérité qui leur collait tant au cœur.

Aussi les avons-nous chaleureusement applaudis, entourés, remerciés, encouragés en sirotant un thé délicieux et de petites friandises qu'ils nous servirent avec tant de gentillesse et de grâce.

 

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http://fr.wikipedia.org/wiki/Bangladesh