Le bonheur, distillat subtil de la condition humaine, difficile à trouver et à garder.

{1} Le bonheur est un oiseau frêle qu’il faut enfermer doucement dans les mains pour le protéger de tout ce qui le blesse…. il est si fragile qu’on le ménage en lui réservant un petit nid tiède tout au fond de l’âme….

 

Le bonheur, on en rêve pour se donner du courage dans le long chemin de l’existence, quand on se bat pour continuer,… avancer,… gagner…

 

Le bonheur, on le recherche aussi à la table de celui qui en est tellement riche qu’il le donne…. on le regarde avec envie, sans oser entrer dans la chaîne de ceux qui comme lui, le distribuent sans compter …. parce qu'il provient d’une source qu’ils ont découverte et qui ne tarit jamais…

 

Le bonheur, c’est le distillat laborieux sorti du grand alambic de la vie qui a mélangé labeur et peine avec savoir et expérience….

 

Le bonheur est un sentiment si grand, si difficilement définissable que même les plus recherchés des vocables de notre si belle langue française n’arrivent pas à en exprimer suffisamment toute la richesse et la grandeur.

 

Le poète, alors, se déchaîne et ses vers s’éclairent de la sonorité des mots, de la musique des pieds, tout en se colorant du chant des rimes.

 

Le bonheur, c’est le ciel quand il sourit,

Le bonheur, c’est une flamme dans les yeux,

Le bonheur, c’est le retour des hirondelles,

Le bonheur, c’est le friselis des sources.

 

Le bonheur, c’est l’enfant qui sommeille,

Et l’adolescent qui s’éveille,

Le bonheur, c’est l’avidité de savoir,

Mais aussi, la quiétude de la connaissance.

 

Le bonheur est un enfant clair

Qui barbotte, les pieds dans l’eau,

C’est aussi le petit oiseau

Qui pépie au cœur des mères.

 

Le bonheur est un homme sage

Qui se penche sur son printemps

En se berçant des belles pages

Qui chantent ses jours et son temps.

 

{2} « Se souvenir du bonheur, c’est aussi du bonheur » est le titre du beau livre écrit par le poète-chantant qu’est Salvatore Adamo, cet autre grand naïf qui n’a pas peur d’avouer sa candeur et qui l’affiche ouvertement.

 

C’est dans le même esprit que je vais raconter avec ferveur des instants, …des parcelles parfois, de cette « aura subtile » qui a valorisé certains moments précieux de mon parcours.

 

C’est en évoquant certains souvenirs, dans un registre plus calme, plus paisible…. mais intense, que je m’enivrerai d’heureuses réminiscences telle cette tendre quiétude que me réservait l’aube des matins clairs dans la douceur d’un tiède soleil, ou la torpeur des heures chaudes de midi, rafraîchies par l’ombre des grands arbres, et, si subtiles, les senteurs du soir…. enivrantes, ensorcelantes…. annonciatrices de nuits parfumées….

 

Il y aura encore les chants d’éveil du printemps,… ceux de l’été qui ronronnent le soleil et bourdonnent la vie des champs…. les soupirs de couleurs et de brames de l’automne…. et ceux de l’hiver dépouillé, dans son infinie blancheur,…. son confort devant l’âtre.

 

Nombreuses sont-elles ces étincelles de bonheur chez ceux qui les reçoivent au creux de l’âme pour y raviver les douces braises de souvenirs intenses.

 

Il y avait si longtemps

Que je cheminais :

J’en avais les jambes dures.

 

Aussi, je me suis arrêté,

Et me suis retourné,

Une fois encore.

 

Il y avait des collines,

Des crêtes et des ravins,

Des bois et des rivières.

 

Il y avait des soleils partout

Dans les pentes et dans les prés

Dans les cœurs et dans les yeux :

Eux seuls demeuraient

Dans l’étendue de mes souvenirs.

 

Si je privilégiai ce jour-là parmi tant d’autres, c’est que plus encore, je connus la grandeur de la complémentarité, la plénitude de l’unisson, la douceur de la tendresse….

 

{3} Elle était à mes côtés, frêle parce que protégée, ardente parce qu’amoureuse, belle parce qu’heureuse….. Elle vivait de fleurs, sa voix était fraîche comme la rosée de ses roses. Son cœur avait la gaieté de ses myosotis, ses yeux riaient les gentianes, les cyclamens, les narcisses et les tendres œillets de son jardin…..

 

Je me sentis plus grand, plus fort que le grand mâle qui se bat la poitrine en défiant des mondes….

 

Des pinsons de bonheur s’étaient élevés dans l’azur et s’égosillaient tant qu’à mourir….

 

Ce souffle-là, il est si léger

Qu’il s’élève très haut,

Plus haut que les étoiles,

Plus haut que l’infini.

 

Ce souffle-là est si tendre

Qu’il est chaud de douceur

Qu’il est tiède de velours

Qu’il est clair de lumière.

 

Ce souffle-là est si grand

Qu’il emplit la terre entière.

Ce souffle-là est si grand

Qu’il défie tout l’univers.

 

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