Le carillon de son rire cristallin cascade pour réjouir nos coeurs.

{4} Au creux de nos mains, il y a un tout petit oiseau qui nous regarde avec des yeux tendres…. un petit oiseau aux grands yeux d’inquiétude….qui a si peur de perdre le bonheur…

 

Ce petit oiseau-là, c’est le ciel qui nous l’a donné un si beau jour de fin d’été 1972 ... pour elle, le temps s’était fait tendre et doux ….

 

Nous lui avons donné le nom qui lui convenait : Christine, comme cristal, cristal de la source de son rire quand il étincelle le bonheur….

 

Les feuilles de l’avenue et des parcs se coloraient déjà de couleurs chaudes…. Du vieil or des marronniers à la pourpre sombre des érables :  ils avaient revêtu leur grand apparat d’accueil…. 

 

Heureux de bonheur, nous l’avons emportée dans nos bras en lui murmurant de tendres choses qu’elle écoutait timidement…..

 

Elle est devenue maintenant une jeune femme douce et discrète qui nous ouvre souvent son cœur en nous révélant la grandeur de ses sentiments…. 

 

Son rire est une source claire qu’on écoute ruisseler avec sa fraîcheur et sa pureté cristalline.  En écrivant ces lignes, je l’entends monter depuis le jardin jusqu’à ma table,  accompagnant le parfum des roses….

 

Le bonheur c’est le rossignol

Qui chante en son cœur

Quand le ciel est heureux

Et que la pluie n’est plus.

 

Sa pensée est si triste

Quand souffrent les petits ânes,

Ces torturés des hommes :

Ses douces mains voudraient

Caresser leurs plaies.
 

Son cœur est un petit oiseau

Qui cherche à s’envoler

Mais qui a si peur

De la cruauté du monde.

 

Elle est maintenant le passereau des mers, avide d’horizons, mais qui n’a pas assez de la terre entière pour s’assouvir de la beauté du monde.

 

Avec son « globe-trotter » de compagnon, joyeux routier qui fait le tour du monde (à vélo), elle se plonge au cœur des continents pour y découvrir la vie des autres et la beauté des sites.

 

Dans mes « rêves éveillés » je la retrouve souvent entraînant son vieux père dans la magie du Chili, du Pérou et de la Cordillère des Andes, les couleurs de Costa Rica,  la folie grandiloquente des « Boys américains », l’angoisse des Grands Canyons, le mystère des pyramides, le bleu des lacs et des glaces scandinaves, l’équivoque irlandaise, les brumes écossaises…..

 

J’aime sa conversation profonde qui m’entraîne dans les sentiers de ses réflexions et conclusions sur les contradictions du monde et de la pensée….

 

Que d’instants inoubliables j’ai partagés avec elle en communion d’esprit rehaussé de la profondeur de l’affection du père pour sa fille !

 

Elle s’étourdit de la musique des langues, écoute chanter les mots….dans sa bouche, ils prennent des sonorités qui enchantent…c’est la mystique des harpes avec le trouble des violons….

 

Ce que j’envie ce don merveilleux qu’elle a de s’identifier aux gens au point d’en sentir l’âme et de la comprendre avec une sensibilité à vif en s’efforçant de leur parler avec toute la richesse des nuances.

 

Les langues, c’est sa passion, le plus clair de ses loisirs se passe à étudier ou perfectionner ses connaissances linguistiques (anglais, espagnol, néerlandais, suédois, allemand, italien, japonais, arabe….et le français, sa langue maternelle)….

 

Elle a ouvert le monde

Pour y tourner des pages

Des pages aux tranches d’or

Qui racontent le bleu des mers.

 

Elle aima les fjords,

 Chanta au son des banjos,

 S’enivra du parfum des vagues,

 Se lova dans la laine des lamas.

 

Ses doigts ont caressé la vague

Ses yeux ont bu l’horizon

Ses mains ont effleuré les stèles

Ses pieds ont foulé les sables.

 

Son cœur cherche le vent

Qui pousserait sa voile

Vers d’autres océans,

 Vers d’infinies étoiles.

 

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