Les grands SI - L'Au-delà - infarctus cérébral - Univers sans raison - Astéroïde - Gordon Kane - Dinosaures - Prof de Duve -Chicxulub - Trous noirs -

9}Dans les sous-chapitres précédents, traitant de mes expériences de la fin d'exister, je me suis posé la question de savoir si :  Ma certitude d'un monde mécanique sans pouvoir supérieur, sans  raison suprême, serait ébranlée par la proximité de l'événement ? Je rappelle que sans protections médicamenteuses,  je risquais l'accident fatal comme mon beau-père qui avait subi la même intervention et est décédé pendant son séjour à l'hôpital.

 

Une raison supérieure de se prolonger en tant qu'entité pensante ne se manifesterait-elle pas dans cette ultime confrontation avec la vérité finale ?  La réalité d'un au-delà ne se ressentirait-elle pas alors en pressentiment d'une pensée transcendante existante ?

 

Avec beaucoup de sang-froid et un certain détachement que des apparences qui étaient contre moi desservaient, je me suis mis à analyser cette situation où j'entrevoyais  l'issue finale de  mon aventure humaine.

 

Mon cerveau se plongea alors dans les plus profondes et les plus incroyables investigations, élucubrations sans issues même, se laissant aller aux plus subtiles circonvolutions mentales jusqu'à la migraine, avec cependant toujours cette rigueur du « vieux comptable » qui exige une logique « balancée » de ce qu'il échafaude.

 

Dans cet exercice se manifesta cette faculté ubiquitaire de la première moitié de ma vie qui me permit, par ce que j'appelais alors « dédoublement », de revivre dans un état second les moments de mon existence à la frontière de la mort qui depuis hantent toujours mon subconscient.

 

Je retrouvai ce vide physique qui anéantit le cerveau quand je fus sous le contrôle de l'anesthésiste pendant que cœur et poumons étaient débranchés et « by-passé » sur un appareil circulatoire artificiel pour la mise en place de cinq pontages coronariens et davantage encore, par la suite, quand ce refuge de la pensée sera embrumé par la souffrance et l'épuisement qu'avaient provoqués des épanchements pleuraux qui m'étouffaient et me privaient de sommeil, m'amenant au seuil de l'inconscience.

 

Je revécus surtout, plus tard, avec angoisse, le néant mental qui s'était installé dans mon « intellect », à la suite de ce jogging malchanceux et d'une erreur médicale qui avait provoqué un infarctus cérébral, quand je scrutais un horizon de brute ou que je m'obstinais sur des pages qui avaient perdu leur sens.

 

Et puis, encore plus tard, quand j'entendis, une fois de plus, le miaulement  des sirènes de l'ambulance qui accompagnaient quelqu'un d'autre qui était moi qu'on emmenait en danger de mort et que je contemplais en le survolant comme un ectoplasme.

 

Une nuit surtout, dans le confort de cette chambre luxueuse, les fenêtres ouvertes sur le velours d'un ciel de douce tiédeur, enivré d'une subtile onde parfumée de plantes endormies, je cherchai avec toute mon âme « d'être pensant » le moindre indice qui aurait pu ébranler cette désolante théorie d'un univers sans raisons....

 

Je n'ai rien trouvé d'autre qu'une affolante solitude, qu'un impitoyable vide, qu'une atroce conviction que seul notre besoin d'idéal, notre soif de bonheur, notre crainte du néant absolu, nous pousse à imaginer autre chose.

 

Avec toute l'honnêteté et la loyauté que j'ai mises à écrire ce livre,  je peux me permettre d'affirmer que dans ce contexte particulier et cette méditation   fondamentale, je n'ai trouvé aucun élément qui soit de nature à ébranler cette conviction intime, malheureusement navrante, d'un monde essentiellement mécanique et perpétuel sans finalité quelconque  ...

 

Tout le reste comme on disait de mon temps, n'est que littérature ...

 

L'homme intelligent est la merveilleuse réussite d'un accident qui s'est produit dans un des satellites d'une des plus insignifiantes étoiles d'un des plus modestes conglomérats de soleils qui orbitent dans une immensité apparente dont nous commençons seulement à entrevoir le mécanisme.

 

Cet accident qui aboutira à notre civilisation intelligente, évoluant dans un contexte éducatif performant, fut mis en péril dans l'histoire de notre planète, si on se réfère à nos paléontologues, lors du cataclysme qui provoqua la disparition des grands sauriens.

 

{10} A ce propos, ce qui est troublant c'est ce que j'appelle les« Grands Si » :

 

Si un astéroïde énorme n'était pas tombé sur la terre, il y a environ soixante à soixante-cinq millions d'années, provoquant le nuage opaque qui la plongea dans la quasi-obscurité et le froid, les dinosaures et la végétation primaire qui les nourrissaient auraient continué à évoluer dans leur démesure, poursuivant une évolution antérieure de cent cinquante millions d'années et nous ne serions pas là pour y réfléchir.  C'est trois fois plus que la durée actuelle des mammifères et que sont à cet égard les quelques milliers d'années de l'émergence de nos ancêtres qui en proviennent ?

 

Dans l'annexe de mon livre, intitulée « La symphonie de l'Harmonieux », je me permettrai d'aborder les hypothèses des « Super-cordes », de « l'unification des forces » et de la « Super-symétrie » défendues dans son ouvrage sur le sujet intitulé « Super-symétrie - les lois ultimes de la nature dévoilées »  par Gordon Kane (page 232).

 

Ce scientifique prudent et sérieux ne manque pas de faire état de ce qu'il appelle les arguments anthropiques minimaux dans son dernier chapitre intitulé « Pouvons-nous vraiment comprendre l'origine de l'univers et les lois qui le régissent ? ».  Les arguments non minimaux sont avancés par ceux qui prétendent que l'univers a été conçu par un créateur pour l'émergence de l'homme penseur  intelligent.

 

Il me semble utile de reproduire « in extenso » ce qu'il écrit à ce sujet :

 

« Les dinosaures nous donnent une bonne raison de ne pas prendre au sérieux les arguments anthropiques non minimaux qui impliquent que tout dans la nature fut conçu pour la vie humaine. La Terre était un endroit idéal pour eux ; leur espèce fut dominante pendant près de cent cinquante millions d'années, soit presque trois fois plus longtemps que les mammifères et cent fois plus que l'espèce humaine.  Sans le hasard d'un astéroïde tombé voilà soixante millions d'années, peut-être leur espèce régnerait-elle encore sur la surface de la Terre.  Tout argument censé débrouiller les mystères de l'univers devrait s'appliquer aussi bien à l'univers d'il y a cent millions d'années qu'à celui d'aujourd'hui.  Si l'univers a été conçu exclusivement pour l'Homme, c'est que quelqu'un a dû se tromper En effet, pourquoi ne pas imaginer que l'espèce humaine soit anéantie du jour au lendemain par une collision avec un astéroïde ou même par l'expulsion de la Terre hors du système solaire, du fait de l'attraction gravitationnelle d'une étoile ou d'une planète de passage. ».

 

D'autre part, je reprendrai dans son intégralité les commentaires tellement autorisés et exhaustifs du Professeur Christian de Duve, prix Nobel de médecine, dans "A l'écoute du vivant" page 215 : 

 

« On sait depuis longtemps par les restes fossiles qu'une catastrophe planétaire a dû se produire il y a environ 65 millions d'années, provoquant l'extinction des dinosaures et de nombreuses autres espèces vivantes.  En 1978, deux physiciens américains, Luis Alvarez et son fils Walter, trouvèrent des indices dont ils déduisirent que la chute d'un gros astéroïde était le phénomène responsable de ce cataclysme. Cette hypothèse a depuis été amplement confirmée et le point d'impact a même été localisé, en un endroit dénommé aujourd'hui Chicxulub dans la péninsule de Yucatan, au Mexique. Ce cas est fréquemment cité comme exemplaire de la portée considérable des effets que des circonstances environnementales fortuites peuvent exercer sur l'évolution biologique.  N'était un énorme boulet tombé du ciel, les dinosaures en seraient peut-être toujours à parcourir la terre, les mammifères mèneraient une existence précaire à l'ombre des grands reptiles et nous ne serions pas là pour le constater. »

D'autre part, nul n'ignore que  la fin de notre monde  est inéluctable dans un million ou deux d'années, quand notre soleil s'effondrera sur lui-même pour devenir ce qu'on nomme, faute de mieux, un trou noir, entraînant avec lui toutes ses planètes et nous par conséquent.

 

11} Quant à l'hypothèse de l'émigration sur d'autres systèmes, elle est du domaine de la science-fiction et difficilement envisageable tellement elle est conditionnée par des distances et un temps qui ne peuvent être franchis que par des générations « d'émigrants » qui parviendraient à quitter l'environnement solaire et ses planètes en subsistant dans un « vase clos voyageur extrêmement sophistiqué » qui leur permettrait de se développer suffisamment de générations en générations pour atteindre d'autres systèmes, tout en se protégeant des dangers d'un univers qui n'est vraiment pas fait pour la fragile enveloppe humaine.... même après les mutations les plus invraisemblables.....  (Il ne faut pas oublier que nous ne pouvons exister que dans quelques rares déchets de soleils comme la terre qui orbiteraient autour d'eux)

 

D'autre part, évitant des explications tarabiscotées,  nos exégètes actuels restent discrets sur cette « fin du monde »,  prédite par toutes les croyances  qui en faisaient leurs « choux gras »  pour inspirer d'avantage la crainte d'un jugement dernier, celui que le Dieu de la Bible prononcerait alors quand tous les morts et les ressuscités seraient jugés pour leurs actes selon qu'ils auraient été conformes aux lois que les grands initiés leur avaient transmises.

 

Pour allégoriques aux yeux de la plupart que soient maintenant ces passages des « écritures » ou des « messages inspirés transmis » à la base de nos religions, ils n'en sont pas moins révélateurs de l'état d'esprit dominateur de tous les « meneurs » et les « opprimants » du passé qui s'en serviront comme l'un de leurs meilleurs moyens d'asservissement.

 

 

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