Pèlerinage à Hiroshima et Nagasaki, les villes martyres de l'inconscience des hommes.

{8} Après l’accueil des familles, une prise de contact avec les proches de notre belle-fille, le mariage religieux et les festivités qui suivirent, nous avions prévu de réserver deux semaines à une visite touristique du Japon avec ceux qui nous avaient accompagnés.

 

Dans une sorte de pèlerinage, nous avons débuté ce périple par une journée d’hommage recueilli à Nagasaki, une des deux villes martyres de l’inconscience atomique l’autre étant Hiroshima, plaies béantes de la dernière guerre mondiale, qui impressionna tout le monde.

 

Unanimement, nous ne nous arrêterons pas aux causes et responsabilités qui sont difficiles à établir, si on en analyse le fond, mais nous ne manquerons pas de prendre conscience d’une grave erreur du passé dont il est impératif de tirer des leçons pour l’avenir de notre planète.

 

Ce chancre à vif, ulcère de notre humanité guerrière, est à ranger aux côtés des massacres, tortures et misères dont se sont rendus coupables tant de civilisations du passé qu’elles soient assyriennes, babyloniennes, égyptiennes, grecques ou romaines pour ne citer que celles d’un passé de conquête.

 

Et pour battre notre propre coulpe de générations plus proches, nous nous devons d’évoquer ce florilège de souffrances et ce record de massacres et tortures qu’ont engendré, dans leur rage dominatrice, la folie napoléonienne et les deux dernières guerres.

 

Mais surtout avec honte, nous n’ignorerons pas les aberrations des croyants, ces donneurs de leçons, qui ont provoqué les exterminations dont se sont rendus coupables croisés, inquisiteurs, conquistadors et autres guerriers religieux.


Enfin, en réveillant ce long martyrologe d’un passé de conquête et de domination dont nous sommes les héritiers occidentaux, nous devrons cependant le compléter avec tristesse de ce que les autres civilisations d’Asie et d’ailleurs sur notre globe n’ont cessé de perpétrer, eux aussi avec une cruauté raffinée voire bestiale.

 

L’homme restera un loup pour l’homme, tant qu’une civilisation de la solidarité ne sera pas mise en place. Peut-être nos descendants connaîtront-ils ce « paradis sur terre » !

 

Ne serons-nous lassés, un jour,

De la torture, de la misère, de la souffrance ?

Ne serons-nous lassés, un jour,

De l’injustice, de la faim et de la soif ?

Ne serons-nous lassés, un jour,

De cette lente plainte des peuples délaissés

Parce que nous accaparons tout

Et ne partageons rien ?

 

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C’était déjà un avertissement pour les « apprentis sorciers » que nous sommes devenus … Nous jouons inconsidérément avec des forces fondamentales dont l’ampleur dépasse nos moyens de contrôle …

 

Un autre appel solennel a été lancé par le professeur Christian de Duve, grand scientifique humaniste, mon maître à penser, qui a publié en 2009 chez Odile Jacob, un ouvrage saisissant, sorte de testament philosophique, intitulé « Génétique du péché originel » dans lequel il nous avertit que si nous ne changeons pas fondamentalement nos sociétés en généralisant la limitation des naissances pour freiner l’explosion démographique nous irons vers une catastrophe planétaire.

 

Si nous ne faisons rien, poursuit ce sage, dans un entretien qu’il a eu avec le journaliste scientifique Guy Duplat, "si on laisse faire la loi implacable de la sélection naturelle, on ira vers l’extinction de l’homme. Ce qui n’aurait rien d’extraordinaire puisque beaucoup d’hominidés comme Néanderthal ont déjà disparu."

 

Les sept milliards d’individus qui évoluent sur notre planète s’ils continuent à proliférer vont se trouver devant un problème de surpopulation, proclame le savant, « qui va engendrer des événements comme un holocauste nucléaire ou une pénurie dramatique de ressources alimentaires et énergétiques … on peut craindre que les déserts prennent le dessus, que les océans soient privés de vie, que les ressources naturelles vont progressivement s’éteindre et qu’alors les gens seront prêt à faire n’importe quoi pour se disputer ce qui reste »… »

 

Aussi, le professeur terminera sa mise en garde, en reprenant la célèbre phrase de Paul Henri Spaak à la tribune des Nations Unies, lors de son « discours de la peur » en 1947 : « Il n’est pas trop tard, mais il est temps »,

 

J’avais dix-huit ans et j’entends encore le tribun terminer son appel de cette voix vibrante de prétoire qui caractérisait ses interventions et me souviens des longs applaudissements qui suivirent...

 

Plus que jamais l’appel de ce visionnaire, au lendemain de la guerre, doit être entendu pour venir renforcer celui d’un des plus grands sages de notre époque qui ne fait qu’établir un constat que tout homme sensé peut faire à la lecture des dernières données statistiques de l’évolution de la population mondiale.

 

Si nous consultons l'abondante documentation à jour que nous procure la « toile » nous apprenons avec effroi que la population mondiale est estimée à 6,793 milliards au 1 janvier 2010, alors qu’elle était estimée à 6,1 milliards en 2000 et entre 1,55 et 1,76 milliards au siècle des lumières (18 ème siècle).

 

D'autre part, les plus sérieux prévisionnistes tablent sur une capacité maximale de population mondiale sur notre planète évaluée à une petite dizaine de milliards ...

 

Comme dit le journaliste scientifique Guy Duplat, si nous ne faisons rien, nous allons droit dans le mur …

 

 

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Aujourd'hui, le 6 août 2010, dans tous les pays du monde, ce sera la commémoration du 65 ème anniversaire du bombardement d'Hiroshima et dans trois jours, le 9 août, celui de Nagasaki

 

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