Une belle histoire pour enfants sages - Les petits nains et Goulinouf.

{6} Après la mort de mon frère, les fêtes de décembre se passèrent courageusement. Nous avions rassemblé les familles dans notre maison faite pour le bonheur, sagement assise au pied de la forêt, pour estomper les souffrances, pour ranimer l'espoir et réveiller la joie.

Ce fut d'abord le six décembre, la Saint Nicolas. Traditionnelle en Belgique, c'est la fête des enfants.

Elle se prépare déjà quelques jours avant, les petits déposant leurs souliers devant l'âtre pour inviter le saint à y déposer, la nuit, quelques babioles ou friandises.

C'est par la cheminée que cet ami des petits, accompagné de son âne, pénètre dans les maisons pour y apporter ses cadeaux.

Il est donc de tradition que, la veille au soir, chacun des futurs bénéficiaires prépare une assiette dans laquelle il a placé une carotte pour l'âne, que le grand saint remplacera par des friandises.

Il ne manquera pas aussi de disposer tout autour les jouets que les enfants lui auront demandés dans la lettre qu'ils auront glissée, la veille, dans les chaussures qu'ils auront placées à son intention devant la cheminée.

Nous n'avons jamais voulu tromper nos enfants en introduisant le mensonge dans leur vie, aussi bien intentionné soit-il.

Nous voulions qu'ils fassent la différence entre la réalité et la fiction, en accordant une place essentielle à l'imaginaire qui pouvait être ressenti comme s'il était vécu.

Aussi avons-nous respecté les traditions familiales de Saint-Nicolas qui descend dans les cheminées, du Père Noël et son traîneau et des cloches de Pâques qui font tomber des œufs dans les jardins, mais en soulignant bien qu'il s'agit de belles histoires pour les enfants.

Pour eux, le plaisir résidera surtout dans le mystère de la découverte et l'ambiance de la fête et peu importait pour eux si ce qu'ils trouvaient avec ravissement avait été déposé ou caché par leurs parents.

Je suis persuadé qu'ils finissaient par y croire comme en un rêve éveillé... et que cela complétait bien leur monde à eux...qui est surtout imaginaire...

La femme de mon frère était très courageuse, mais quelque chose en elle était brisé.

Ébranlée par la mort de son mari qu'elle adorait, elle inquiétait parce qu'elle gardait le regard dur et le visage fermé de la révolte : on ne la voyait jamais ni verser une larme, ni émettre le moindre sanglot et son rire était nerveux, artificiel et incongru ...

Mon frère avait été le parrain de mon fils Benoit. Avant son entrée en clinique, il avait été acheter avec son épouse un joli petit ours en peluche qu'ils comptaient lui offrir le jour de la Saint Nicolas.

Je me souviendrai toujours de la brève plainte douloureuse, poignante de souffrance profonde qui, pour la première fois devant nous, fut gémie par cette pauvre femme meurtrie, quand elle sortit tristement le petit jouet de son sac.

Nous fêtâmes aussi Noël avec la crèche et le traditionnel grand sapin tout en guirlandes, lumières et boules multicolores... les repas de fête... les chants traditionnels.... et, envers et contre tout parce que la vie continue, nous nous laisserons envahir par l'ambiance festive de ces réjouissances de fin d'année, avec la joie pure des enfants, leur rire, leurs yeux émerveillés et tant de choses qui font que la vie reste toujours et malgré tout si belle.

Dès les premiers beaux jours, dès que les frimas se firent plus rares, et que les premiers bourgeons éclatèrent, nous nous retrouvions tous dans notre havre de bonheur et de vie simple au milieu des champs, ensorcelés par ce doux frémissement de la nature qui s'éveille.

Quels beaux moments nous y passâmes ! Quels beaux souvenirs nous engrangeâmes tous dans ce paradis perdu !

Nous nous organisions pour loger tout ce monde dans les quatre chambres de notre chaumière, y compris mes parents ou beaux-parents qui l'un ou l'autre accompagneront toujours.

Quel campement ! Benoit dormait dans notre chambre, les trois garçons dans une autre, leur maman et mes parents dans les deux restantes quant à Vincianne, la seule fille, elle avait sur le palier une sorte de petite alcôve, aménagée derrière tentures et paravents.

Quelle organisation ma si précieuse compagne parvint à mettre en place ! Et quelle table elle devait prévoir pour rassasier tout ça !

Mes neveux parlent toujours de ces moments heureux et du joyeux ensoleillement que ces séjours apporteront à leur enfance si cruellement blessée. 

Maintenant qu'ils sont adultes, et parents eux-mêmes de grands enfants, nous avons eu l'occasion de louer pour un jour notre ancienne maison de vacances. Ce fut une journée de rêve, le soleil et le beau temps s'étant mis de la partie. Ils ont tous retrouvés des moments de bonheur qu'ils ont détaillés et fait partager à leurs enfants et compagnes.  Les nouveaux propriétaires ont respecté ou amélioré nos travaux, si bien que nous avons presque tout retrouvé, même notre vieille brouette assez rouillée, tandis que les arbres et plantations se sont fort développés.

{7} Quand ils évoquent cette époque et les histoires des petits nains que Diaphane-poète imaginait pour eux et que je leur racontais, le soir, après une bonne journée d'ébats en plein air, ils me disent combien ces souvenirs resteront inscrits dans leur mémoire en instants inoubliables de leur vie de gosse.

C'est ainsi que dans la douce quiétude de leur chambrette d'enfant, nous imaginions ensemble les aventures désopilantes ou fantastiques de petits bonshommes dont ils animaient les personnages.

Ces petits malins, au nombre de cinq. (Plus tard, avec l'arrivée de mes deux filles, ils deviendront sept comme dans toutes les belles histoires.)

Ils avaient pour noms : Brunito pour Bruno, Rolando pour Roland, Vinciano pour Vincianne, Patricio pour Patrick et Bénito pour Benoit.

Ils étaient vêtus de rouge comme ceux de Blanche-Neige et coiffés d'un petit bonnet garni d'une petite floche sur le bout en pointe.

Leur ennemie s'appelait Goulinouf, c'était une sorcière ricanante et méchante avec un menton aussi crochu que celui de l'horrible mégère imaginée par les frères Grimm.

Je vais m'efforcer de restituer ces moments merveilleux de quiétude qui prenaient notre petite bande quand elle s'assemblait autour de moi, détendue par l'eau tiède et doucement savonneuse, parfumée à la lavande, de la toilette du soir : des parcelles de bonheur voletaient en paillettes lumineuses dans les yeux de cinq petites frimousses toutes roses d'excitation.

Les intermèdes drôles et désopilants que nous adorions introduire dans mes histoires nous faisaient rire aux larmes, à tel point qu'un jour, Roland, n'en tenant plus tellement la situation était cocasse m'arrêta : «Parrain (il m'appelait tous Parrain) attends » il alla s'asseoirsur le seau de toilette « Maintenant, on peut continuer... »

Très pratique, il avait trouvé le moyen de ne plus se préoccuper des ...fuites...que son rire l'empêchait de contrôler.

Ces moments privilégiés sont une des plus grandes richesses de la vie. Ils gomment d'un seul coup toutes les peines, ils effacent les mauvais jours et prennent une place de choix dans notre cœur et dans notre mémoire.

Bienheureux soient-ils ces instants d'émerveillement que l'homme évolué peut glisser dans son existence !

Je débutais, comme dans tous les contes, par la formule consacrée : « Il était une fois ».

Il était une fois , dans les forêts et les bois de notre histoire, une grotte qui s'étalait bien au chaud dans le ventre de la terre.

Elle était haute et grande. Le bon génie des cavernes l'avait taillée dans la roche pour ses amis, les petits nains. Il y avait prévu tout ce qu'il fallait pour qu'elle fût merveilleuse : son sol était couvert d'un duvet de mousse émeraude qui en faisait le plus confortable des tapis, son plafond d'un bleu d'aquarelle révélait de ci de là, quelques étoiles-diamants qui clignotaient joliment.

Dans cet endroit féerique vivaient cinq petits nains très heureux qui chantaient et jouaient beaucoup.

Le plus âgé se nommait Brunito,...c'était le chef... il était très futé avec des yeux de chat et une souplesse de chat... Le suivant s'appelait Rolando... c'était le plus fort et le plus savant...

Quant à Vinciano, le troisième ou plutôt la troisième, c'était la seule fille de la bande, aussi avait-elle des yeux moqueurs, une bouche mutine et un petit nez délicieusement pointu, de quoi taquiner et ensorceler tous les garçons...

Patricio était le quatrième, c'était un malin diablotin capable d'ouvrir les serrures et les portes les plus récalcitrantes,... Quant à Bénito, le dernier, il était le feu-follet de la bande, primesautier, apparaissant ou disparaissant au gré des besoins ou de sa fantaisie...

Au centre de la grotte de notre histoire, le bon génie avait prévu un nid douillet de duvet rose dans lequel ses protégés pouvaient se reposer ou dormir en faisant de jolis rêves bleus...

- Parrain, n'oublie pas la source magique.... criaient en cœur cinq petits impatients...

Attendez, vous êtes trop pressés...et, dans les mousses vertes s'écoulait une source d'eau magique qui se transformait en n'importe quelle boisson fraîche.

Il suffisait d'y tremper un gobelet que les nains portaient toujours à la ceinture en disant : « source magique je veux du... » en précisant le breuvage souhaité, aussi compliqué fût-t-il et le souhait était exaucé.

- Je me paierais bien une petite grenadine au citron, interrompit Roland, alias Rolando...

- Et moi du jus de carotte au chocolat, crut malin de sortir Patricio...

- Pouah ! beuh,... dégueulasse... s'exclamèrent-ils tous ensemble...

Ce n'est pas tout de boire, il faut aussi manger, continuai-je.

Aussi, sur le côté de la grotte, un amas de stalagmites ocre et de stalactites blanches formaient un plateau magique sur lequel apparaissait tout ce qui était souhaité.

- C'est quoi des lagmites ? s'enquit Bénito très intrigués...

J'expliquai : vous avez certainement vu dans la bouilloire de votre maman une matière blanche qu'on appelle calcaire.

Elle se trouve dans l'eau qui s'en est chargée quand elle passe dans le sol. Quand l'eau tombe en gouttes lentes du plafond des grottes, elle s'évapore et laisse le calcaire qu'elle contient s'amasser lentement au fil du temps.

Quand les gouttes descendent du plafond elles forment des grandes chandelles qu'on appelle stalactites et quand au contraire elles tombent du plafond en formant des belles bougies qui montent, on les appelle stalagmites.

Je vais vous donner un petit truc pour retenir les deux mots : quand la chandelle monte à partir du sol c'est une stalag...mite avec un m comme dans elle monte...quand elle tombe du plafond...c'est une stalag... tite avec un t comme dans elle tombe.

Mais je continue mon histoire : donc sur le côté de la grotte, les stalagmites et les stalactites avaient formé un plateau magique sur lequel il suffisait de placer les mains en disant : « table magique, donne-moi du... » et les stalagmites s'écartaient comme pour une offrande en réalisant le souhait aussi compliqué fût-t-il.

Les petits nains adoraient surtout les belles randonnées dans les bois pour jouer avec les oiseaux, les petits lapins et les petits animaux. Ils soignaient ceux qui étaient malades ou blessés.

Ils avaient même, un jour, recueilli un éclopé ; c'était un petit faon, blessé à la patte qui ne les quitta plus.

Ils jouaient aussi avec les papillons... et quand ils étaient fatigués, ils allaient s'étendre au soleil dans l'herbe des clairières bourdonnantes de vie.

Savez-vous que dans toutes les belles histoires, les petits nains sont toujours au nombre de sept ? Aussi nos cinq gaillards rêvaient-ils souvent des deux petits compagnons qui leur manquaient et qu'ils attendaient depuis si longtemps.

Bénito leur raconta que dans ses voyages fantastiques, il avait interrogé un mage qui connaissait l'avenir.

Le vieux bonhomme, tout en bleu, scintillant d'étoiles et coiffé d'un grand chapeau pointu, lui avait prédit que des oiseaux d'argent apporteraient dans leur ventre deux trésors aux yeux noirs en amande et aux joues de miel.

Aussi les petits bonshommes vivaient-ils très heureux, avec dans le cœur cet espoir d'être un jour la plus belle bande des sept que les conteurs d'histoire n'aient jamais imaginée.

Cependant, comme rien n'est jamais parfait et que même dans les belles histoires il y a toujours des êtres malfaisants pour contrarier les gentils, une sorcière au vilain nom de Goulinouf cherchait à attraper les petits nains pour les transformer en abominables gnomes méchants et les mettre à son service.

Un jour que les arbres chantonnaient parce qu'un souffle tiède caressait leur feuillage, les nains projetèrent de confier à ce vent chaud un grand cerf-volant qu'ils avaient confectionné en pétales de fleurs de toutes les couleurs.

Ils les avaient cousus ensemble avec les fils de la Vierge que les belles araignées épeires leur avaient filés tout exprès.

De plus, ces jolies araignées qui se balancent sous les arbres et s'envolent dans le vent au bout d'un long, très long fil, tellement brillant et tellement fin qu'on l'appelle fil de la Vierge, leur en avaient fabriqué un pour maintenir le cerf-volant et le diriger dans le ciel.

Il était si long qu'il pouvait atteindre le paradis.

Dès qu'il se fut envolé, soutenu par un souffle de vent complice, l'engin s'éleva superbe au-delà des arbres dans un ciel tout bleu, tout bleu.

Ses coloris de fleurs paille et rubis soulignés par l'argent des fils brodés s'électrisèrent sous l'éclat d'un lumineux soleil à tel point qu'on aurait cru une étoile multicolore.

Il montait tellement vite que les petits nains n'arrivaient plus à l'arrêter...

- Magnifique, s'exclama Brunito.

- Si on envoyait un message aux anges, suggéra Patricio.

- Bonne idée, acquiesça Rolando en sortant de sa poche une écorce de bouleau et un stylet magique. Qu'allons-nous dire ?

- Demandons aux anges s'ils savent quand viendront les petits nains aux yeux noirs en amande, continua Patricio.

Ainsi fut fait. Le message, guidé par le fil s'envola,... s'envola bien haut,... bien haut jusqu'à leur étoile multicolore qui, toute petite, montait toujours dans le ciel.

Les petits nains se tordaient le cou, écarquillaient les yeux pour mieux voir.

Le message et l'étoile montèrent,... montèrent tellement qu'ils disparurent.

Ils attendirent longtemps, mais ne voyant plus rien, ils s'interrogèrent :

- Le message n'est peut-être pas arrivé. Notre cerf-volant n'atteint peut-être pas les anges, supposa Brunito.

Peut-être qu'ils ne comprennent pas notre langue, suggéra Rolando.

Vinciano intervint timidement de sa petite voix mignonne.

- Quand je pense très fort et que je regarde le ciel en prononçant des mots magiques, je sais qu'ils s'envolent et rejoignent le ciel tout près de mon papa. Peut-être que lui qui connaît bien les anges, sait leur parler.

- Quelle bonne idée... allez essaie...encouragèrent les petits nains.

Et Vinciano pensa très fort à son papa qui était au ciel... et pensa très fort au message,... les petits bonshommes guettaient son visage, à l'affût de ses réactions,... soudain ses yeux s'éclairèrent,... le message était passé...elle avait sans doute une réponse.

- Dis-nous, dis-nous,... on est impatient de savoir... trépignaient les petits

Vinciano les regardait avec un petit air malicieux de fille qui allait jouer un bon tour aux garçons.

- Mon papa a dit que c'est un secret que je ne peux dire à personne...

- Allez, c'est pas du jeu, dis-nous quand même, il n'y a pas de secret pour nous...on ne fait qu'un...

Vinciano tint bon... Aussi Bénito le passe-muraille, celui qui disparaît et réapparaît comme l'éclair, s'envola, sans crier gare, voir là-haut ce qui se passait. Il se perdit dans un ciel toujours aussi bleu qu'un lagon du Pacifique.

Les petits nains, médusés, le nez en l'air, scrutaient l'espace, inquiets du sort de leur aventureux compagnon.

Après un long moment, comme ils ne voyaient rien venir, les mains en porte-voix, ils se mirent à hurler tous ensemble : « Benito, Benito où es-tu...reviens.... ».

Soudain, un gros nuage tout noir, grimaçant méchamment, avec un gros nez pustuleux, entachât le bleu pur d'un ciel méditerranéen.

A califourchon sur son balai de sorcière, Goulinouf, l'abominable Goulinouf, tournait autour en ricanant.

- Grr, grr,...ah...ah..., j'ai capturé votre compagnon et l'ai enfermé dans mon château hanté...

Sidérés, les petits nains aperçurent dans le ventre du nuage noir, un château sinistre qu'entourait un ballet de chauve-souris criaillantes. A une des fenêtres, Benito leur faisait des grands gestes d'appel au secours.

Nos petits gars n'en menaient pas large et tinrent conseil pour trouver solution à si dramatique situation.

- Nous devons absolument atteindre ce château et aller le délivrer, dit Brunito et s'adressant à Rolando : «As-tu une idée, toi le savant ? ».

Sous l'effort de concentration et sous le choc des combinaisons qu'échafaudaient ses méninges de savant, le cerveau de Rolando se mit à chauffer et son front devint tout rouge.

Des rayons verts lui sortirent de la tête, c'était bon signe : il avait sans doute trouvé.

- Voilà mon plan. Nous savons que Goulinouf n'aime pas les miroirs parce qu'ils lui renvoient son image qui est tellement horrible qu'elle a peur d'elle-même.

Nous demanderons au soleil de briller très fort, si fort que la mer et les lacs et les fleuves et les ruisseaux deviendront des miroirs.

Alors, Goulinouf aura très peur parce qu'elle se verra si horrible partout et elle se sauvera près du diable en abandonnant son château.

Ainsi fut fait et Goulinouf, affolée, hurlant de rage, voyait son image partout, dans l'eau des océans, dans l'eau des mers et des fleuves et des rivières et des plus petits ruisseaux.

La tête dans les mains, elle s'enfuit en enfer et le soleil célébra sa victoire en illuminant le ciel de ses plus beaux éclairs de chaleur comme un feu d'artifice.

Cependant, il fallait encore délivrer Benito, toujours enfermé dans le château hanté qu'on voyait là-haut dans le nuage de la sorcière.

La nuit avait revêtu son grand manteau de soie noire, parsemé d'étoiles brillantes.

La lune souriante et complice y déroula un long pinceau d'or jusqu'à nos amis et de là jusqu'au château hanté.

C'était une voie royale qu'ils empruntèrent pour atteindre le laid nuage qui dans la nuit n'était plus effrayant du tout.

Ce ne fut qu'un jeu pour Patricio, le magicien des serrures, d'ouvrir toutes les portes jusqu'à Benito qui les attendait, confortablement installé entre les pattes d'une araignée hideuse et velue qu'il avait apprivoisée.

 

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Le Conteur d'histoires.


Des petits yeux fripons,

Des petits nez en l'air,

Des joues roses d'excitation,

Dans de jolies frimousses d'ange.


Des petites mains fébriles

Qui enserrent des genoux ronds

Et la paix du soir

Qui ronronne dans les champs.


Un parfum de savonnette

Dans un champ de lavande,

Des songes de bain tiède

Pour des peaux si douces.


Des oiseaux dans le regard

Qui piaillent comme dans un nid.

Des flammèches en pupille

Dorées, folles et rougeoyante.


Une eau de source fraîche

Jaillit de leur rire.

Le long murmure du vent

S'éloigne tout doucement.


Des petits pieds de lait

Dans le soir trépignent.

Mais dans la nuit, soudain

Le vol des oiseaux du rêve.


Le semeur de sommeil

Jette ses anneaux d'or

Et des bouches baillent

En souriant encor.


Un conteur d'histoires

Ferme des yeux de soie

Et caresse les joues rondes

De petites têtes blondes

Qui s'endorment dans le noir.




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