Univers : Illusion ? - Les Grands Initiés - Cordes, branes, théorie M - de l'illusion à l'abstraction de la pensée - L'intelligence n'est que référentielles - Le matériel

 

Ch. 29.04  -  Univers : Illusion ?

 

Ch. 29.04a - Les Grands Initiés.

 

Monsieur Toulemonde « penseur en formation » poursuit son étude en abordant  le sujet bien délicat et tant controversé d'un élément « fondamental » à la motivation d'exister : Avons-nous une raison supérieure d'exister ?  Faut-il trouver un sens à notre existence ?

Sommes-nous autre chose qu'une cellule évoluée ?

Il est indispensable dans le contexte du milieu occidental chrétien dans lequel nous évoluons d'écouter en premier lieu :

 

LA VOIX DES GRANDS INITIES


Ils étaient grands, ils étaient forts,

Les femelles offraient leur corps.

Ils étaient les maîtres du feu,

Ils éloignaient le fauve hargneux.


 Ils étaient chefs, ils étaient beaux,

Les femelles autour en flambeaux

Les autres à leurs pieds les craignaient,

Et couchés, ces autres attendaient.


Ils étaient guides, ils étaient science

Les autres en foule les suivaient

Ils apportaient la connaissance

Les autres en masse les vénéraient.

 

Ils leur ont donné Dieu

Pour supporter leurs souffrances

Ils leur ont donné Dieu

Pour combler leurs espérances

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Les plus grands savants, les plus grands penseurs croient en un être supérieur et reculent devant toute autre théorie dans laquelle l'intelligence ne serait pas fondamentale à l'action d'un « Créateur ».

 Notre univers est-il référentiel ?  C'est-à-dire que c'est par rapport à des données connues et révélées, « des références », que nous construisons notre réel et que nous espérons un  futur après la mort ...  Par tradition religieuse,  je m'interroge,... et je cherche un semblant de réponse...

Pour la plupart, ce serait par rapport à des références qui nous sont, ou nous ont été édictées et transmises par les croyances que nous concevons et structurons l'espace dans lequel nous évoluons

Pour les théologiens, toutes nos connaissances seraient relatives à ces références révélées qui seraient une manière d'appréhender l'ensemble des connaissances universelles à peine effleurées par nous, les humains, tellement elles sont vastes et insondables.

 Les croyants des principales religions prétendent que ces connaissances seraient transmises par des « initiés » qui seraient doués de capacités de perception particulières : ce sont ceux qu'on nommera  Grands Initiés, c'est-à-dire : Bouddha, Jésus, Mahomet, Confucius, Lao-Tseu, Moïse, etc. ...

 Cette théorie pourrait faire la part belle aux créations artistiques, littéraires et musicales, ainsi qu'aux écrits révélés qu'ils soient bibliques, coraniques, bouddhiques ou autres qui feraient partie du savoir suprême que des « Initiés » pourraient percevoir et transmettre.

Dans cette hypothèse, nous devrions admettre avec beaucoup d'humilité que notre monde intelligent n'est qu'une infime partie de ce tout de la connaissance, essentiellement structurée statique, éternelle et infinie en partie révélée par les « Grands Initiés »

 L'être supérieur existerait en tant que celui qu'on a appelé Dieu, au-dessus de tout, maître de tout.  Il existerait en tant qu'infini dans lequel nous trouvons une place évolutive, dépendant  de l'espace-temps,... Ce Dieu nous attendrait dans un autre espace qui nous serait réservé après notre mort physique, dans lequel nous serait accordé le bonheur suprême que nous recherchons...

Cet autre espace n'aurait ni passé, ni présent, ni futur.  Il serait hors du temps.... Nous occuperions totalement cet espace ... Nous rejoindrions  Dieu dans la « béatitude de son éternité « statique ».

Toute autre hypothèse dans laquelle l'être supérieur aurait une existence propre est difficile à concevoir, car elle impliquerait une condition d'existence pareille à la nôtre qui lui permettrait d'intervenir dans notre destinée, comme  « Notre Père », « Notre Frère » ... (pour les chrétiens) ou juge suprême et permanent de nos actes pendant notre vie terrestre ... conditionnant notre vie future dans l'au-delà ... (pour tous les croyants du Livre)

Toutes les religions professent que c'est l'être supérieur qui est à l'origine de l'espace-temps.  Dans la genèse des croyants « du Livre », l'Être suprême ( Dieu, Jéhovah ou Allah) n'a pas de début ni de fin, il est « éternel » : il existe dans son temps éternel et occupe tout l'espace. (Dieu est partout disait-on dans mon enfance.)

 Dieu n'a pas besoin des hommes, puisqu'IL EST TOUT ... Pourquoi l'aurait-t-Il créé dans sa complexité d'animal évolué intelligent, mais si peu responsable de son milieu, de sa destinée, de son temps... de ses capacités intellectuelles ... ?

 D'autre part,  si Dieu est la plénitude totale, que vient faire l'homme dans cet état ? Comment justifier que « Dieu a besoin des hommes » ? Théoriquement la situation de Dieu ne nécessite rien, pas plus l'homme et son intelligence, puisque Dieu est total et surtout qu' « Il » n'a pas à être accompli : c'est un raisonnement de « créature » qui suppose que le « créateur » a besoin de Lui.

C'est la pensée, le raisonnement, étayés par la connaissance qui donnent un sens à notre monde, mais jusqu'à preuve du contraire à notre monde terrestre seul. Nos religions nous poussent à croire que nous sommes le centre de l'univers et qu'il n'existe que pour nous : c'est ce qu'on appelle de l'anthropocentrisme.

D'autre part, dans ma tentative de recherche de ma raison d'exister, je me pose aussi la question de savoir le pourquoi de ce qui est.  « Être ou ne pas être, là est la question » disait Hamlet, un crâne dans les mains.  Nous pourrions compléter et préciser : être un être intelligent inspiré ou non, là est la question !

 C'est ce qui me pousse, à ce stade de mon cheminement dans l'inexplicable, à vouloir dépasser cet entendement.  Je voudrais transcender la matière qui m'a organisé et qui m'a fait, en me munissant d'un cerveau qui raisonne, qui pense, qui déduit, qui cherche, qui veut comprendre....  J'aimerais croire à cette « pensée », et la trouver hors de cette matière faite d'énergie qui a fabriqué mon intelligence.

J'aimerais m'échapper de cette prison de "l'espace-temps" pour trouver « l'Esprit » s'Il existe et entrer en relation avec lui.  Mais je sais que c'est impossible même si les grands croyants prétendent le faire : ils restent prisonniers de leur condition humaine et d'un cerveau qui fonctionne avec les seules références qui proviennent des croyances de leur milieu.

Si je me mets à raisonner, à penser, il m'est difficile de le faire d'une manière autre que dans un contexte de durée... Si je construis un raisonnement, il devra débuter et ensuite se poursuivre dans un contexte de temps. De même les hypothèses ne pourront être bâties que dans un contexte de situation dans l'espace.  Si nous définissons  le temps, nous ne pouvons le construire que dans l'espace.

Et on ne peut que les associer en «espace-temps » avec un début.  Aussi petit soit-il, l'espace a débuté et avec lui le temps. Si l'espace a débuté, il a créé un mouvement de durée, c'est-à-dire de temps.  L'espace et le temps sont progressifs : ils débutent et en principe finissent.

Mais alors, éternelle question : qu'y avait-il avant ?  La seule réponse  valable : rien !  Notre entendement humain devra se rendre à l'évidence.   Rien ou le néant absolu n'existe pas, si ce n'est dans notre vocabulaire....

Nous devrons dès lors admettre que quelque chose d'inexprimable existe qui occupe tout l'espace et tout le temps, que nous devons accepter sans comprendre parce qu'il ne répond à aucune de nos lois.  C'est vraisemblablement par anthropomorphisme que nous en avons fait un Dieu ou des dieux, soumis à certaines de nos lois spatio-temporelles.

Bien qu'une hypothèse soit permise que j'ai déjà évoquée plus haut : celle d'un univers total de connaissance totale, absolument statique. Ce serait, en quelque sorte, le Dieu de la genèse. Mais alors le temps n'existerait pas et ne pourrait exister sauf si Dieu le créait. Pourquoi le créerait-il s'Il est l'univers total de la connaissance totale et infinie ?

Pourquoi  « inventer » l'homme dans le temps et sa misérable intelligence ?   Pourquoi lui imposer un parcours qui dépend de sa « chance » et si peu de son mérite et de ses responsabilités ?  Pour de toute façon se retrouver dans cet espace total, cet absolu de tout que seul notre cerveau de mammifère intelligent a imaginé avec son mécanisme de pensée.

Dans ce cul-de-sac de mes pensées, je me suis retranché derrière la seule théorie que ma logique voulait bien admettre : L'univers (ou l'univers-total) obéit à une seule loi qui est d'ailleurs celle de tous ses composants bien définie par Einstein  (E=mc²).  L'univers c'est avant tout de l'énergie en perpétuel mouvement sans origine et sans fin.

Dans le papier suivant, je me permettrai d'aller plus loin au cœur du problème en « évoquant » le « fondamental » tout en abordant certaines théories que le penseur qui s'interroge, s'est autorisé à investiguer pour y voir plus clair ..J'effleurerai des théories qui évoquent de nouvelles dimensions : les super-cordes, les branes, la théorie M...

 

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Ch. 29. 4b - Illusion,cordes,branes,théorie M

  

Ma prospection m'a mené loin dans l'aventure, mais me pousse au cœur du problème à la lumière des connaissances actuelles, tellement nombreuses et éparses qu'il est difficile de les rassembler dans un tri qui se veut rationnel et que je me suis efforcé de réunir pour tenter de cerner le « fondamental »

 

MELODIE DU FONDAMENTAL.

Équation des matières

Dans la donne du temps.

Équilibre des forces

Dans l'harmonie des souffles.

 

Confidence de l'espace

Dans des chants d'infini.

Les dieux sont au secret

Dans l'alcôve du néant.

 

L'inéquation du réel absolu

Serait la vérité de notre monde

L'inéquation des forces

Serait la vérité du temps.

 

Aberration de l'univers,

Inconfort de l'impuissance :

Tout semble illusoire

Que sommes-nous vraiment ?

 

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En complément de la fin du vers, il est  intéressant de donner ici l'énoncé du cybernéticien  Heinz von Foerster (1911-2002) quant au mécanisme de notre perception : En réalité ce que l'on croit être là, n'est véritablement pas là °Tiré de J.Guitton, I&G.Bogdanov - Dieu et la science - p.179/180° :

 « Notre faculté de voir dépend de la rétine qui absorbe la lumière du monde extérieur, puis transmet des signaux au cerveau.  Ce même schéma s'applique d'ailleurs à toutes nos perceptions sensorielles. La rétine ne perçoit pas la couleur, elle est  aveugle à la qualité de la stimulation et n'est sensible qu'à sa quantité. Cela ne devrait  pas constituer une surprise, ajoute Von Foerster, car en fait il n'y a ni lumière ni couleur en soi : il y a seulement des ondes électromagnétiques.  De  même, il n'y a ni sons ni musique : seulement des variations momentanées de la pression de l'air sur nos tympans.  Il n'y a pas de chaud, pas de froid : seulement des molécules en mouvement avec plus ou moins d'énergie cinétique, et ainsi de suite. »

 On peut vraiment dire : « illusion, tout n'est qu'illusion, dans le sens que son apparence n'est pas sa réalité physique.

Une hypothèse qui a prévalu longtemps c'est que  l'univers total serait en perpétuel mouvement.  Il serait donc logique qu'après le Big bang, il y ait le Big crunch (c'est-à-dire l'effondrement total et l'annihilation,  l'univers disparaissant pour renaître dans un mouvement de perpétuel recommencement.  Dans l'infini, ce qui se produit se renouvellerait indéfiniment... Le temps ne serait-il qu'un rouage d'un mécanisme universel ?

Cette théorie du « Big Crunch » est maintenant mise à mal  par la plupart des scientifiques qui lui préfèrent celle des «super- cordes » qui présenterait le grand avantage de rendre compatible la théorie de la relativité d'Einstein valable aux grandes dimensions et celle des lois de la mécanique quantique pour les petites dimensions. °inspiré ou retiré des articles de Guy Duplat - La Libre 2/12/2005 qui conseille aussi de se référer au livre de Brian Greene (La magie du cosmos - Edition. Robert Laffont)°

L'espace serait constitué d'innombrables « branes » qui peupleraient l'univers.   Le nôtre d'univers, aussi immense soit-il, serait collé sur un de ces « branes ».  Le big-bang viendrait d'une collision entre deux « branes » provoquant une explosion d'une ampleur inouïe créant notre univers en un temps infiniment court. (A titre d'exemple si l'univers avait eu la taille de notre ADN au départ, il aurait atteint celle de la voie lactée en un milliardième de milliardième de seconde)  °ibidem G.Duplat°

En théorie des cordes, une brane, ou p-brane (brane vient de membrane) est un objet étendu, dynamique, possédant une énergie sous forme de tension sur son volume d'univers ... Notre univers serait situé sur une « brane ».  Toutes les Galaxies que nous voyons, toute la lumière qui nous parvient fait partie de cette brane et ne peut en sortir ... Notre brane ou plus précisément, l'univers constituant notre brane, flotterait paisiblement dans un super-univers constitué d'immensités supplémentaires ;  Cela voudrait donc dire que notre univers fait partie d'un ensemble plus vaste. °Tiré de Wikipédia°.

La théorie des cordes : Les cordes (10-33 cm.) se sont étirées d'un bout à l'autre de l'espace de notre univers pour l'occuper tout entier.  °ibidem G.Duplat°

 La théorie des cordes est une des voies envisagées pour régler une des questions majeures de la physique théorique : fournir une description de la gravité quantique, c'est-à-dire l'unification de la mécanique quantique (inévitable pour décrire la physique aux  petites échelles) et de la théorie de la relativité générale (nécessaire pour décrire la gravitation de manière relativiste) ... La principale particularité de la théorie des cordes est que son ambition ne s'arrête pas à cette réconciliation, mais qu'elle prétend réussir à unifier les quatre interactions élémentaires connues.  On parle de théorie du tout. °wikipédia°

Les particules élémentaires seraient nées des vibrations de cordes microscopiques. On parle aussi de sept dimensions(recroquevillées, invisibles) qui s'ajouteraient aux quatre connues (longueur, largeur, hauteur, temps). °ibidem G.Duplat°

Avec les satellites, libérés de la stratosphère qui les rendent moins performants, on possède maintenant des données précises sur les premiers instants de l'univers (le nôtre) en analysant la lumière que l'espace envoie aux instruments (des outils utilisant des radio-éléments venant en complément des appareils optiques). Il semblerait que 95 % de la masse de notre univers nous soit caché dans de mystérieuses matières et énergies noires dont le vide quantique. °ibidem°

Si 95 % de la masse de notre univers, c'est de la matière noire, comment  pourrons-nous  étudier le mécanisme fondamental de cet univers-bourgeon, puisque cette matière noire sans photons nous sera difficilement accessible, à moins que nous arrivions à inventer d'autres moyens d'investiguer l'Univers «à notre portée » °MT (Modeste Toulemonde)°

Il ne faut surtout pas envisager le Big Bang comme étant un début, cela n'a pas de sens.  C'est tout juste un bord de l'espace-temps. Au bord de cet espace-temps, cela devient flou à nos yeux et il faut construire un autre œil pour voir ce qui s'y passe. °Propos de Thibaut Damour (scientifique français) dans l'article de G.Duplat°

Le Big-Bang n'est plus le début de tout, mais se serait produit en « bourgeon » d'un univers-total ;  ce n'est plus qu'un phénomène accidentel qui s'est produit dans le mécanisme général.  (ce qui ne fait qu'augmenter notre insignifiance). Il nous faudrait utiliser un autre œil que le nôtre (ou un autre organe) par le truchement d'un instrument à inventer, pour voir ce qui s'y passe °MT - (Modeste Toulemonde)°

Quant à la Théorie M, élaborée par le professeur E.Witten pour unifier les différentes théories des supercordes ... à ce jour, seule la limite classique de cette théorie est connue.  C'est la théorie de supergravité maximale à 11 dimensions. E.Witten a réussi à unifier en une seule les théories des cordes déjà existantes  °Wikipédia°

Les travaux de Witten ont révélé que les équations approchées de la théorie des cordes, utilisées dans les années 1970 et 1980 pour conclure que l'univers devait comporter neuf dimensions d'espace, loupaient le bon résultat d'une unité. La réponse exacte proposée par Witten est que l'Univers, selon la théorie M, a dix dimensions d'espace, c'est-à-dire onze dimensions d'espace-temps {si on y ajoute celle du temps}. Comme Kaluza,{mathématicien allemand} qui avait trouvé {en 1919} qu'un univers à cinq dimensions d'espace-temps permettait d'unifier l'électromagnétisme et la gravitation, comme les théoriciens des cordes, qui avaient montré que l'on pouvait unifier la relativité générale et la mécanique quantique dans un univers à dix dimensions d'espace-temps, Witten a montré qu'il était possible d'unifier toutes les théories des cordes, pourvu que l'univers ait onze dimensions d'espace-temps.   °Brian Greene - La Magie du Cosmos - p. 456-457)

Dans les premiers instants du Big Bang, il y aurait eu une « explosion » appelée « inflation », qui a grossi l'univers à une vitesse inimaginable.  Si l'univers avait eu la taille de notre A.D.N, il aurait acquis la taille de la Voie Lactée en un milliardième de seconde, bien plus vite que la vitesse de la lumière, mais on ne peut parler de vitesse car c'est l'espace lui-même qui « explosait ». °ibidem G.Duplat°

Quant à la vie, comme elle n'est possible que dans un univers à trois dimensions d'espace permettant d'engendrer une physique et une chimie stables, un autre univers que le nôtre ne pourrait la porter. °ibidem°

 La conclusion que je retire de tout ce qui précède, mais qui n'est qu'un  avis « non autorisé » destiné à mon carnet de note, ... cependant, qui semble répondre le plus  à une « logique qui tue » :

 Nous sommes insignifiants face à un univers-total, dans lequel notre « grandiose » univers ne serait qu'un tout petit bourgeon (peut-être un épiphénomène) dans un mécanisme total dont nous ne soupçonnons sans doute pas l'immense complexité et que, malheureusement, nos moyens physiques et matériels de perception ne permettront jamais d'investiguer.

 Ce survol d'une matière de « spécialiste » est évidement très incomplète, ceux qui voudraient en savoir davantage se procureront l'excellent ouvrage de vulgarisation de Brian Greene, la magie du cosmos,  paru chez Robert Laffont. En fin de mon carnet de note, je consacrerai un chapitre intitulé Cordes, Branes, Théorie M - voir aussi ma publication du 28 février 2009.

 

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Ch. 29.4c - De l'illusion à l'abstraction de la pensée.

 

A propos de l'illusion, rappelons l'énoncé du  cybernéticien  Heinz von Foerster (1911-2002) cité dans la partie 4 de mon exposé :

« Notre faculté de voir dépend de la rétine qui absorbe la lumière du monde extérieur, puis transmet des signaux au cerveau.  Ce même schéma s'applique d'ailleurs à toutes nos perceptions sensorielles. La rétine ne perçoit pas la couleur, elle est  aveugle à la qualité de la stimulation et n'est sensible qu'à sa quantité. Cela ne devrait  pas constituer une surprise, ajoute Von Foerster, car en fait il n'y a ni lumière ni couleur en soi : il y a seulement des ondes électromagnétiques.  De  même, il n'y a ni sons ni musique : seulement des variations momentanées de la pression de l'air sur nos tympans.  Il n'y a pas de chaud, pas de froid : seulement des molécules en mouvement avec plus ou moins d'énergie cinétique, et ainsi de suite. »

En réalité ce que l'on croit être là, n'est véritablement pas là (J. Guitton, philosophe et écrivain chrétien célèbre)

°Tiré de J.Guitton, I&G.Bogdanov - Dieu et la science - p.179/180°

 

MÉLODIE DE L'ILLUSION.


Le réel est en conflit

Dans son duel de l'espace

Avec celui de son lit

Qui lui cédera sa place.

 

Le réel épris de temps

S'est bercé d'émotion

A la faveur du printemps

Qui portait son action.

 

Le réel n'est pas fidèle,

C'est l'amant aux fleurs fanées

Recueilli devant la stèle

Des passions délaissées.

 

Le réel se joue de nous,

Car il nous promet le ciel

Quand nous sommes à genoux,

Attendant son arc-en-ciel.


Le réel c'est l'illusion

Qui nous trompe depuis toujours

Quand on fait miroiter l'amour,

En fruit de nos évasions.

 

Le réel c'est l'illusion

Des âmes tronquées d'espoir

Qui épient dans un miroir

Leur ferveur en éclosion.


°°°°°°°°

Qu'est-ce qu'une illusion ?

L'interprétation erronée d'une donnée sensorielle. (Larousse) ; erreur qui semble se jouer de nos sens, les tromper. (Littré) ; erreur de perception causée par une fausse apparence (Robert) ; perception erronée due à une apparence trompeuse (Hachette).

Nos sens nous permettent de percevoir toutes les données de notre environnement.

Le crayon que je tiens dans ma main et que j'ai posé sur sa pointe existe parce que mes doigts par le toucher en perçoivent la forme et le volume et que mes yeux envoient à mon cerveau son image et en décodant la lumière que le soleil (ou une source électrique lumineuse) transmet à mon œil en enregistrant sa longueur d'onde exprimée en nanomètres (milliardième partie du mètres) tout en véhiculant l'énergie particulière de sa couleur, ce qui me permet de distinguer la nuance voulue par son fabricant.

En effet, c'est depuis 1920 qu'on sait que la lumière est une particule qu'on a appelée photon et que la différence entre les couleurs provient de la quantité d'énergie que celui-ci véhicule.

Cette énergie s'exprime par une onde dont la longueur peut se mesurer en nanomètres (la milliardième partie du mètre).  Ainsi le rouge, au haut de cette échelle, mesure 700 nanomètres et le bleu, au bas,  480.

Nos yeux, par l'apprentissage qui augmente les fonctions cérébrales surtout pendant les vingt à vingt-cinq premières années de la vie, sont capables de distinguer  une dizaine de millions de nuances...( sic !)

 Nuances des couleurs et leur vocabulaire (http://pourpre.com/chroma/dico.php)

Cette faculté est un des avantages de l'homme civilisé qui a développé au maximum les nuances grâce à ses progrès dans la chimie des couleurs et dans le domaine des spectrographes - appareil servant à étudier la décomposition (spectre) d'un rayonnement.

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Revenons-en à mon crayon, sa fonction consiste à servir d'intermédiaire par le tracé de l'écriture entre ma pensée et un support papier qui va la recevoir.

L'écriture est conventionnellement formée de signes imaginés par l'être humain pour traduire son langage et garder ou capter sa pensée.

Notre ancêtre des cavernes, bien repu et à l'abri des fauves, s'est mis à émettre des cris, puis des sons pour exprimer sa joie, les sons se sont modulés en chant, son cerveau, à l'aube de la pensée, s'est éclairé de la parole et  la voix sortie d'un larynx évolué s'est adaptée à la complexité du langage et du vocabulaire.

C'est la parole qui a nécessité des signes que l'homme a gravés sur des supports permanents, comme la pierre, l'écorce, les peaux de bêtes, le parchemin le papier ... et la toile ... pour transmettre des messages  ou les conserver.

L'entité indépendante, qu'est l'être humain, va créer des «textes» qui seront éventuellement transmis et qui peut-être persisteront dans le temps.

Des bibliothèques se sont établies pour vulgariser le savoir, le garder, l'améliorer, le transmettre et depuis peu se sont complétées des moyens prodigieux  de vulgarisation par voie hertzienne et spatiale.

L'essai que j'écris, quant à lui, fait appel à des concepts immatériels de pensée qui sont purement cérébraux puisqu'ils proviennent de supputations personnelles, elle-même inspirées de notes ou connaissances antérieures.

Cependant sa pérennité est subordonnée à la durée d'une part de son support matériel (le papier) ou peut-être d'une volonté de divulgation plus large par reproduction (journal, revues, livres, supports magnétiques, la toile d'Internet etc.)

J'ai ainsi tracé l'historique d'une évolution qui a amené « l'homo sapiens » à créer un savoir écrit et transmis ou conservés dans les archives, les bibliothèques et maintenant sur « la toile ».

Ces références éparses, mais de plus en plus accessibles permettent  d'alimenter les « nouveaux découvreurs », surtout maintenant que l'accès, le stockage et le triage en sont facilités par des outils performant à la portée des spécialistes et même d'à peu prés tout le monde.

Ce long préambule pour en arriver à bien décrire le processus qui a contribué à développer une faculté cérébrale présente chez tous les êtres vivants évolués.

Cette faculté, chez  un primate a été favorisée par un accident climatique qui l'a isolé progressivement de son habitat d'arboricole et l'a forcé de s'adapter à un nouveau biotope.

Ce primate, dans des conditions de survie difficile, fut contraint :

1. à adopter la position debout pour surveiller les carnassiers dans les savanes qui s'étaient substituées aux forêts.    2. privés de son alimentation de frugivore-insectivore, à se nourrir des restes qu'il chapardait aux charognards 3. à privilégier l'association en petites bandes pour traquer le gibier jeune, malade ou affaibli.

La position debout, la nourriture carnée et l'associativité ont favorisé le développement des zones du cerveau qui traitent le raisonnement et la mémoire, elle libérait les bras et les mains pour emporter les restes disputés, favorisait  la marche, la course et la bipédie, mais surtout permettait le développement du larynx, de la voix, de la parole ... et plus tard de la pensée.

La parole s'est associée à la pensée pour produire l'intelligence qui est une faculté développée par l'homo pour s'adapter à son biotope.  Cette faculté lui a permis de dominer la matière et la vie jusqu'à se menacer lui-même par saturation du milieu.

L'intelligence est donc une faculté « animale » développée par nos ancêtres pour s'adapter et survivre.  Il est certain que dans l'histoire de "l'homo" une mutation a dû se produire chez un descendant privilégié « l'homo sapiens » dont proviennent au haut de l'échelle nos savants et au bas les Bochimans (peuple chasseur-cueilleur d'Afrique).  Quant à l'homo non muté, il s'est éteint.

Entre les deux, il y a tout la gamme des autres qui font notre monde civilisé ou non avec l'explosion  exponentielle des découvertes de la technique et de la science.

L'association en « petites bandes » fut le départ des clans, peuple et nations avec des meneurs, des dictateurs et des chefs qui ont organisé la vie en société.

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Maintenant, avec réalisme, considérons ce que nous sommes et nos moyens d'exprimer l'intelligence.

Nous sommes un produit du cycle du carbone et rien d'autre. Nous sommes le résultat d'un processus commencé il  y a quelques millions d'années.

Une roche de 70 kilos a exactement le même nombre de particules qu'un homme du même poids, leur différence provient uniquement de la manière dont celles-ci sont agencées.

La roche est le résultat d'une évolution primaire, alors que nous sommes l'aboutissement d'un long processus biologique aux branches multiples.

Nos 70 kilos de particules bien agencées font de nous un être bénéficiant d'une certaine indépendance, capable seul ou collectivement de créer, d'inventer, de découvrir mais surtout de maîtriser son environnement planétaire actuellement, mais peut-être de plus en plus spatial dans le futur.

Ces  70 kilos de particules réalisent ces performances grâce à une intelligence contenue dans environ 1500 grammes de matière cérébrale avec l'assistance essentielle de moyens visuels, auditifs, sensitifs, tactiles, moteurs, énergétiques et autres dont est dotée l'entité humaine.

On pourrait supposer que cette intelligence résultant de l'aventure humaine se trouve en puissance dans chaque particule de l'univers, rejoignant en cela Teilhard de Chardin. Mais c'est une autre théorie ... !

Il est possible que des manifestations intelligentes puissent  se produire partout dans l'univers, étant donné son immensité et la multiplicité de systèmes solaires et de planètes possibles.

Cependant, ces « mondes » ne sont sans doute pas structurés comme nous, d'où l'impossibilité de communiquer.  La complexité des combinaisons qui font ce que nous sommes et les différents « avatars » qui ont menacé la vie (disparitions des dinosaures entre autres),  laissent peu de place à l'hypothèse d'une répétition de cet « accident planétaire ».

D'autre part, peut-on concevoir une présence intelligente en dehors de l'espace-temps ?  Cette présence intelligente, forcément statique, a-t-elle sa raison d'être ?  Nos connaissances et les questions que nous nous posons, résultent de processus de réflexions inconcevables en dehors du temps et même de l'espace.

Si on admet l'existence d'un Dieu suprême, on le situe à l'origine de tout, voire la raison de tout : l'intelligence supérieure.  Il a la connaissance suprême.

La connaissance suprême de quoi ?  La connaissance de ce que nous ignorons en dehors de l'espace-temps, à condition de découvrir tout ce qui s'y trouve.

Cette connaissance suprême à laquelle nous accéderions devrait nous introduire dans la félicité du savoir « infini », ce qui devrait nous apporter la félicité « infinie » qui nous placerait dans des conditions de bonheur « infini »

Les philosophes religieux prétendront qu'il s'agit d'un état subtil qui apporte à l'être « pensant » la plénitude de la connaissance et que cet état « privilégié» lui reviendrait après son existence temporelle,  le replaçant dans l'espace-temps puisque ce bonheur éternel devrait être personnel, individuel, débutant depuis sa naissance et se perpétuant après son existence terrestre.

C'est le rêve anthropomorphique  de l'immortalité ? Est-il concevable que cet état soit une copie conforme de notre existence terrestre, sans la souffrance et le malheur ... ?

D'autre part quelle raison supérieure motiverait l'Être Suprême qui n'a pas besoin de nous pour être complet.

Dans le prochain «sous-chapitre », je présenterai ma vision de ce que je crois fondamental pour analyser et cerner cette faculté de l'intelligence que « l'homo sapiens » a développée jusqu'à saturer et modifier son propre biotope et le mettre en danger d'anéantissement.

 

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